2007

Journal of the Russell Society — Vol 10
Collection Journal of the Russell Society :
Éditions :PDF (Anglais)
Pages : 68

25 ans plus tôt, en 1982, paraissait le premier numéro du Journal of the Russell Society. Depuis sa création, elle a publié plus de 200 articles, notes et comptes rendus, grâce à l’engagement bénévole de ses différents rédacteurs et responsables. Depuis 1982, le journal a évolué : nouvelle présentation, photos en couleur en couverture, puis à l’intérieur, financements trouvés à travers les cotisations, les ventes aux enchères de minéraux, la publicité et parfois le mécénat.

En 2007, la question est, déjà, double : comment maintenir une publication annuelle malgré la charge pesant sur des bénévoles ? Et comment rester visible à l’ère du numérique alors que les revues papier s’effacent ? La solution envisagée : confier la gestion à un éditeur professionnel, avec mise en ligne des articles, ce qui permettrait d’accroître la visibilité, d’attirer plus d’auteurs et peut-être de publier deux fois par an. L’objectif était déjà clair : conserver l’esprit d’origine du Journal of the Russell Society, tout en l’ancrant pleinement dans le XXIᵉ siècle.

2007 marque donc les 25 ans de la revue. J’ai traduit l’éditorial de ce volume 10[1]Rappelez-vous qu’un volume peut couvrir plusieurs années, donc ne soyez pas étonnés de fêter les 25 ans avec le volume 10. plus bas dans la page.

Au sommaire :

  • Dépôts d’oxydation zonés à la mine de Tynebottom, Garrigill, Cumbria / Zoned oxidation deposits in Tynebottom Mine, Garrigill, Cumbria
    Auteurs : Trevor F. Bridges, David I. Green
    Page 3-9

Des dépôts d’oxydation post-exploitation, zonés, riches en fer et en cuivre, provenant d’un tas de stériles à Tynebottom Mine, à Garrigill, en Cumbria, sont décrits. La partie interne de chaque dépôt individuel consiste généralement en minéraux ferrifères, tels que la limonite et la jarosite, avec un peu de gypse dérivé de l’oxydation de la pyrite et de la chalcopyrite dans la matrice rocheuse. Cette « zone ferrifère » est ensuite entourée d’une bordure de minéraux à base de cuivre, la séquence la plus commune étant la brochantite, suivie de la serpiérite et de la devilline, puis se terminant par la malachite. Parmi les autres minéraux présents dans cette zone figurent la linarite, l’anglésite, la cérusite, la wroewolféite et un minéral bleu à éléments des terres rares encore non caractérisé. Au-delà de la bordure de minéraux à base de cuivre, la matrice est généralement au moins partiellement recouverte de calcite en croûtes de concrétion ou de touffes d’aragonite, ou très souvent des deux, ainsi que d’autres carbonates, tels que la brianyoungite et l’hydrozincite. Il est suggéré que cette séquence de dépôt reflète une augmentation progressive du pH à mesure que les fluides s’éloignaient des centres d’oxydation.

  • Gel de silice cuprifère sur les parois de la mine de Tankardstown, comté de Waterford, Irlande / Copper·bearing silica gel from the walls of the Tankardstown mine, Co. Waterford, Ireland
    Auteur : Stephen Moreton
    Page 10-17

Des revêtements bleus et verts, non cristallins, d’origine post-minière, provenant de la mine de Tankardstown, dans le comté de Waterford, en Irlande, ont été analysés et étudiés par sorption de vapeur d’eau. Bien que la malachite soit toujours présente, une partie de ces revêtements consiste en un réseau de gel de silice polymérique, ainsi qu’en agrégats de silice monomérique ou oligomérique liée par le cuivre. Bien qu’il ne s’agisse pas de vrais silicates de cuivre, il est suggéré que de tels gels puissent être apparentés à la chrysocolle, dont certains exemples pourraient également ne pas être un vrai silicate, mais plutôt un matériau de type gel de silice.

  • Géologie et minéralogie des mines de Pike Law, Newbiggin, Teesdale, comté de Durham / Geology and mineralogy of Pike Law Mines, Newbiggin, Teesdale, Co. Durham
    Auteurs : Trevor F. Bridges, Brian Young
    Page 18-26

La région de Pike Law, située à 4 km au NNO du village de Newbiggin, dans la vallée de Teesdale, abrite l’une des concentrations de filons les plus denses du district minier des Northern Pennines. Les filons ont été exploités pour la galène, surtout dans l’Antiquité, au moyen de nombreux petits puits, niveaux et, en particulier, de grandes excavations à ciel ouvert (hushes). Les indices fournis par l’abondant déblai suggèrent que le minéral dominant dans les filons était la fluorine, mais la galène reste néanmoins commune dans les haldes. Cependant, le Great Limestone, adjacent aux filons, a été fortement métasomatisé en ankérite et/ou en sidérite, aujourd’hui oxydées en une roche ferrugineuse riche en goethite. L’oxydation a également entraîné la formation d’espèces supergènes, telles que l’anglésite, la cérusite, la hémimorphite et la bindheimite. Le site est l’un des meilleurs de l’ensemble des Northern Pennines pour observer des affleurements superficiels de la minéralisation hypogène et supergène caractéristique du district minier.

  • Minéralogie de la carrière de Bardon Hill, Coalville, Leicestershire / The mineralogy of Bardon Hill Quarry, Coalville, Leicestershire
    Auteur : Francis Ince
    Page 27-39

Les roches précambriennes et triasiques affleurant à Bardon Hill Quarry, à Coalville, dans le Leicestershire, constituent l’hôte à la fois de minéraux hypogènes et supergènes. Un certain nombre de veines riches en quartz et/ou en carbonates dans les roches précambriennes sont associées à une minéralisation hydrothermale de température moyenne à élevée. Une minéralisation hydrothermale de basse à moyenne température est présente dans les roches précambriennes et dans les sédiments triasiques adjacents à la discordance précambrien-Trias. Un ensemble de minéraux supergènes dominé par le cuivre se rencontre dans la carrière ; ceux-ci sont particulièrement abondants à proximité de la discordance précambrien-Trias. Cet article décrit la géologie locale, les minéraux présents dans la carrière et formule quelques observations sur les processus hypogènes et supergènes responsables de leur formation.

  • Édingtonite, harmotome et autres minéraux de veine aux mines de plomb de Conlig-Whitespots, comté de Down, Irlande du Nord / Edingtonite, harmotome and other vein minerals at the Conlig-Whitespots Lead Mines, County Down, Northern Ireland
    Auteur : Norman R. Moles
    Page 40-46

Les zéolites barytiques harmotome et édingtonite se rencontrent rarement sous forme de petits cristaux euédriques dans les mines de plomb du XIXe siècle près de Newtownards, en Irlande du Nord ; il s’agit de la première occurrence signalée d’édingtonite en Irlande. Il avait été proposé auparavant que l’harmotome se soit formée au cours d’une phase d’activité hydrothermale associée à l’intrusion d’un dyke de dolérite tertiaire à travers les brèches minéralisées, d’âge probablement carbonifère. L’examen de spécimens supplémentaires suggère que l’harmotome a cristallisé à la fois durant la phase primaire de formation du minerai et lors de l’intrusion ultérieure du dyke. L’édingtonite se présente dans des vacuoles de la brèche sous forme de cristaux équants en enrobage, atteignant 100 µm, mais n’a pas été trouvée associée à l’harmotome. Les brèches contiennent également de la baryte, de la calcite, de la dolomite, des minéraux argileux, du quartz, de la galène, de la sphalérite, de la pyrite et de la chalcopyrite.

  • Buttgenbachite de Cornouailles : étude par diffraction des rayons X sur monocristal / Buttgenbachite from Cornwall : a single-crystal X-ray study
    Auteurs : Peter Leverett, Peter A. Williams, David E. Hibbs
    Page 47-50

Une structure cristalline aux rayons X sur monocristal d’un spécimen supposé de connellite, provenant à l’origine de la collection de N. Story-Maskelyne, en Cornouailles, conservé au Natural History Museum sous le numéro BM 1951,455, a montré que le cristal examiné est en réalité de la buttgenbachite. Il n’existe aucune preuve de la présence de sulfate dans le réseau. Le site anionique est partiellement occupé par un ion chlorure, et les ions nitrate et chlorure sont désordonnés sur le site de canal en 2/3, 1/3, z. Une molécule d’eau du réseau est également présente dans les canaux parallèles à c qui accueillent le nitrate et le chlorure. La formule empirique Cu₃₆Cl₈.₁₃(NO₃)₁.₀₉(OH)₂,₇M·5.22H₂O a été obtenue à partir de l’affinement de la structure (Rj = 0.042). Les occupations des sites, associées au motif complexe des phénomènes de solution solide et donc à la stœchiométrie, sont remarquablement similaires à celles observées dans la structure d’un échantillon de buttgenbachite provenant du puits Cole, à Bisbee, en Arizona.

  • Childrénite du Lake District (Angleterre) / Childrenite from the English Lake District
    Auteurs : Richard S. W. Braithwaite, Richard P.H. Lamb
    Page 50-51

La présence de childrénite dans le sud-ouest de l’Angleterre est bien connue, la localité-type étant située dans le Devon (Brooke, 1823), et elle est largement répandue en bordure des cupolas granitiques, en particulier autour de St. Austell Moor et entre St. Austell Moor et Dartmoor (par exemple Braithwaite et Cooper, 1982).

  • Une fluorine fluorescente inhabituelle du Derbyshire / An unusual fluorescent fluorite from Derbyshire
    Auteurs : Richard S. W. Braithwaite, 1. Ike Wilson
    Page 52-54

La carrière de Crich, à Crich, dans le Derbyshire, centrée sur OS SK 342 557, exploite le calcaire carbonifère (Viséen) de l’îlot de Crich. Ses vastes travaux ont révélé une minéralisation considérable et ont englouti un certain nombre d’anciennes mines. Les minéraux recensés comprennent la galène, la sphalérite et une chalcopyrite probable ; les produits secondaires sont l’anglésite, la cérusite, le soufre natif, la wulfénite, la goethite (« limonite »), le gypse, la malachite et l’azurite ; les minéraux de gangue sont la calcite, la baryte et la fluorine de diverses couleurs. La « Crich spar » est une combinaison rubanée de fluorine violette et de baryte rose. La plupart de la fluorine est incolore, lilas à violette, et verdâtre, et de la fluorine jaune a été signalée dès 1811.

  • Powellite de la mine de Benallt, péninsule de Lleyn, Gwynedd : première occurrence galloise / Powellite from Benallt mine, Lleyn Peninsula, Gwynedd : a first Welsh occurrence
    Auteurs : Ian Dossett, David 1. Green, Tom F. Cotterell
    Page 54-55

La powellite, PbMoO₄, a été nommée en l’honneur du soldat et géologue américain John Wesley Powell (1834-1902), deuxième directeur de l’United States Geological Survey. C’est un minéral relativement rare qui se rencontre dans deux contextes géologiques distincts. La powellite est le plus souvent signalée dans des gisements de minerai contenant du molybdène, où elle se forme parfois par altération hydrothermale de la molybdénite, mais elle est probablement mieux connue des collectionneurs sous forme de cristaux isolés ou de groupements cristallins associés à des zéolites dans des basaltes amygdalaires.

  • Cesàrolite de la mine de Frongoch, Devil’s Bridge, Ceredigion, Pays de Galles / Cesarolite from Frongoch Mine, Devil’s Bridge, Ceredigion, Wales
    Auteur : Tom F. Cotterell
    Page 55-56

La cesàrolite, Pb(Mn⁴⁺)₃O₆(OH)₂, est un minéral secondaire rare, généralement issu de l’altération de la galène dans des environnements riches en manganèse. Elle a été nommée en 1920 en l’honneur du professeur Giuseppe R.P. Cesaro, minéralogiste et cristallographe à l’université de Liège, en Belgique. La cesàrolite se présente typiquement sous forme de croûtes ou de masses botryoïdales, friables, gris foncé à noires, visuellement indiscernables d’autres oxydes de manganèse similaires. Dans la découverte originale de Sidi-amor-ben-Salem, en Tunisie, la cesàrolite se présente sous forme de masses botryoïdales friables intimement associées à la calcite et à la galène.

  • Corkite et hinsdalite de la mine de Frongoch, Devil’s Bridge, Ceredigion, Pays de Galles, avec des éléments suggérant que l’orphéite est une variété de hinsdalite / Corkite and hinsdalite from Frongoch Mine, Devil’s Bridge, Ceredigion, Wales, including evidence to suggest that orpheite is a variety ofhinsdalite
    Auteurs : Tom F. Cotterell, Peter K. Todhunter
    Page 57-64

Les minéraux supergènes rares corkite et hinsdalite ont été identifiés pour la première fois au Pays de Galles, dans des déblais récemment remaniés à la mine de Frongoch, dans le district minier du centre du Pays de Galles. Les deux espèces font partie de l’assemblage in situ de minéralisation plombifère supergène. Les données analytiques pour la hinsdalite de la mine de Frongoch suggèrent une composition et une structure très proches de celles de l’espèce apparentée, mais mal documentée, l’orphéite. Cela vient appuyer l’idée que l’orphéite n’est qu’une variété de hinsdalite, et non une espèce distincte à part entière.

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Traduction personnelle de l'éditorial des 25 ans :

Éditorial invité spécial – histoire et avenir du Journal of the Russell Society

Le premier numéro de ce journal a paru il y a 25 ans, en 1982. Alors que nous atteignons aujourd’hui les deux chiffres dans la numérotation, et que ce numéro est le 20ᵉ, il est opportun de revenir sur son histoire, de dresser un bilan de ses accomplissements et de réfléchir à ce que l’avenir pourrait réserver à cette publication.

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Ces 20 numéros rassemblent plus de 200 articles, notes et revues, ainsi que des éditoriaux, des comptes rendus de conférences, des recensions d’ouvrages et des nécrologies. En ce qui concerne le Journal, l’objectif de la Russell Society a toujours été de publier des articles originaux, évalués par les pairs, sur la minéralogie topographique des îles Britanniques, tout en accueillant également des contributions sur des thèmes associés.

Si la Russell Society publie un journal, c’est en grande partie grâce à l’enthousiasme et au dévouement de Bob King, rédacteur en chef des quatre premiers numéros (volume 1, parties 1 à 4) publiés entre 1982 et 1986. Richard Bevins, assisté de Peter Williams, a pris la relève pour les quatre numéros suivants (volumes 2:1 à 3:2 ; 1988-1991). Ils introduisirent plusieurs changements, notamment le format de couverture et le passage à deux parties par volume. Le regretté George Ryback a joué un rôle majeur en tant que rédacteur de huit numéros (volumes 4:1 à 7:2) publiés entre 1991 et 2001. Après une courte période d’incertitude, Alan Dyer a dirigé l’édition suivante (8:1 ; 2003), incluant des articles issus de manuscrits transmis à Brian Young. Norman Moles a été rédacteur des trois derniers numéros (8:2, 9 et 10 ; 2005 à aujourd’hui), et a réussi à assurer une parution annuelle. Durant cette période, il fut décidé que la numérotation adopterait un système simple de volumes annuels séquentiels. Tous ces rédacteurs en chef ont pu compter sur les conseils et le soutien d’un comité éditorial composé d’experts en minéralogie topographique.

Lors de son mandat, Bob King fut assisté par Nigel Moreton pour la production du journal. Par la suite, le rôle de Journal Manager fut successivement tenu par : Nigel Moreton (1988-1989), Roy Starkey (1990-1991), Rex Cook (1992), Harry Day (1993-1998), Kevin Johns (2001), Rob Bowell (2003), Jim Robinson (2005-2007, avec l’aide ponctuelle de Nick Schaffer). Les photographies ont toujours constitué un élément important des articles publiés, avec systématiquement des clichés en couleur en couverture (et souvent aussi en quatrième de couverture). Ces compositions visuelles sont mises en valeur par la mosaïque reproduite au verso de ce volume. Ces dernières années, la baisse des coûts d’impression en couleur a permis, sous la gestion de Jim Robinson, d’intégrer des photographies en couleur à l’intérieur même des articles, renforçant fortement l’attrait visuel du journal.

Le financement de la publication a toujours constitué un défi pour la Société. Les cotisations des membres ont couvert une partie (ou la totalité) des frais, et plusieurs ventes aux enchères de spécimens minéralogiques ont apporté des ressources supplémentaires. Certains numéros ont bénéficié de soutiens généreux : Peter et Greg Tom à la carrière de Bardon Hill (vol. 1:4–3:1) ; Redland Aggregates (vol. 2:1) ; Ralph Sutcliffe (vol. 3:1–3:2). Des recettes supplémentaires ont également été obtenues par la vente d’espaces publicitaires (vol. 4:1–6:2).

Et l’avenir ? Compte tenu du nombre d’articles soumis ces dernières années, il est raisonnable de penser que la publication annuelle d’un volume peut être maintenue. Cependant, cela représente une lourde charge pour le rédacteur en chef et le Journal Manager, qui doivent concilier leur engagement bénévole pour la Société avec leurs obligations professionnelles, familiales, et même quelques vacances. Un autre problème tout aussi important est la perte de visibilité des publications uniquement imprimées, dans un monde de plus en plus numérique et connecté. Ces deux difficultés pourraient être résolues si la gestion du Journal était confiée à une maison d’édition : celle-ci assurerait non seulement la composition et l’impression, mais offrirait également un accès en ligne aux articles pour les membres et abonnés, ainsi qu’un accès mondial aux titres et résumés. Une visibilité accrue attirerait davantage d’auteurs, permettant à terme de passer à deux parutions par an. Ces perspectives stimulantes font actuellement l’objet de discussions au sein de la Société.

Pour les 25 prochaines années, nous espérons continuer les meilleures traditions du JRS tout en faisant entrer véritablement le Journal — et la minéralogie topographique — dans le XXIᵉ siècle.

Frank Ince
Secrétaire de la Russell Society
Décembre 2007

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Notes

Notes
↑1 Rappelez-vous qu’un volume peut couvrir plusieurs années, donc ne soyez pas étonnés de fêter les 25 ans avec le volume 10.

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