La littérature[1]Attention, je n’ai aucun problème à ranger sous le terme « littérature », en vrac, livres, documents, périodiques, thèses, etc. Il ne s’agit pas là de littérature dans le sens … Lire la suite ne manque pas autour des minéraux et des sciences de la Terre. J’en ai une pile près de mon lit : des revues, françaises et étrangères, des ouvrages généralistes ou des monographies, de beaux livres pleins de belles images, ou encore d’austères articles sans illustrations. Il y a de tout. Ma bibliothèque déborde aussi. Mais que voulez-vous… c’est comme ça.

Il y a deux grands types de sources pour la minéralogie « amateur » : les livres, et les périodiques. Je commencerai par les revues et périodiques, publications sans cesse actualisées, pour finir par les livres, qui font référence, mais dont le renouvellement est bien plus lent dans nos bibliothèques. Livres et revues constituent donc ce que j’appelle pompeusement la « littérature minéralogique ».


Les revues, les périodiques

Pour les amateurs, les revues et autres périodiques dits « spécialisés » sont des mines d’informations.

Eh oui, si pas mal de livres récents parviennent à faire la synthèse des connaissances sur les espèces minérales, les périodiques sont souvent la seule mémoire pour beaucoup de sites, mines et carrières, aujourd’hui fermés, ou pour des articles écrits par des auteurs malheureusement disparus. Il s’agit, pour les plus anciennes, d’informations publiées au temps où internet n’existait pas.

Quelles revues ?

Alors quelles revues, me demanderez-vous ! Laquelle est la meilleure ? Laquelle est la plus intéressante ? J’adorerais pouvoir formuler une réponse et recommander une revue plutôt qu’une autre. Mais c’est impossible. C’est impossible parce que ce n’est pas comme s’il y en avait douze et que nous n’avions que l’embarras du choix (en langue française en tout cas). En fait, en France, il n’en reste que… une.

Pas de chance me direz-vous. Eh bien oui, et non.

Oui, pas de chance, car le nombre réduit de publications périodiques est le marqueur de l’intérêt déclinant pour la minéralogie [2]C’est un déclin qu’il faut mesurer à l’échelle des plusieurs décennies, voire du siècle. Et ce déclin n’est pas nécessairement celui de l’intérêt porté par les passionnés aux … Lire la suite.

Mais non, aussi, parce que celle qui reste, la survivante[3]Pour des années encore, je l’espère !, c’est un peu comme la crème sur la crème du lait : la crème de la crème, je crois qu’on dit. Cette revue c’est Le Règne Minéral [4]Voir la page consacrée à la revue Le Règne Minéral..

Le Règne Minéral

le regne mineral couverture page 105
Le Règne Minéral — richement documenté — richement illustré (là, c’est le numéro 105, largement consacré à la Loire-Atlantique)

Et ce n’est pas un compliment gratuit de ma part. Pas non plus une remarque obligée, compte tenu du fait qu’il n’y a plus d’autres revues pour comparer. C’est tout bonnement la réalité. La revue, en se spécialisant sur la minéralogie[5]Et en créant, du même coup, une nouvelle revue, Fossiles, pour mes amis paléontologues amateurs., a rassemblé des auteurs, scientifiques de formation ou de profession, et souvent juste des connaisseurs désireux de partager leurs connaissances, pour le plus grand plaisir des amateurs comme moi.

Que ce soit dans le périodique bimestriel ou, mieux encore, dans le hors-série annuel, je trouve l’essentiel de mes lectures.


Mais ce n’est pas parce que des périodiques ont cessé d’être publiés qu’ils ont pour autant disparu. Ils ont même laissé des traces encore très vivaces dans les bibliographies des articles et ouvrages les plus récents. Ils sont des références très vivantes dans le monde des amateurs.

Minéraux & Fossiles

revue minieraux et fossile 384
Minéraux & Fossiles — N° 384

C’est très vrai pour la revue Minéraux et Fossiles[6]Voir la page consacrée à l’inventaire de Minéraux & Fossiles. qui a stoppé sa publication au numéro… 386 ! Entre 1975 et 2009, ce sont en effet pas moins de quatre cent dix numéros estampillés « Minéraux & Fossiles » qui auront été publiés (n’oubliez pas les 28 hors-séries). Je pense que l’on peut parler d’une véritable aventure d’édition en ce qui concerne cette revue[7]Lire l’éditorial du numéro d’octobre 2009 pour plus de détails..

Il est utile d’ajouter que les hors-séries de Minéraux & Fossiles, en tout cas ceux qui sont consacrés à la minéralogie (15 hors-séries sur les 28 publiés entre 1995 et 2009[8]Voir la page dédiée aux Hors-séries Minéraux et Fossiles.), sont aujourd’hui des références incontournables pour l’amateur (je me suis référé encore récemment aux numéros « Les minéraux du cuivre » et « Calcite »). Et je ne parle même pas du « BCG », que je vous laisse découvrir ici dans la bibliothèque.


Monde & Minéraux

Monde et minéraux - revue
Monde & minéraux — revue des années 70/80

C’est vrai aussi, dans une moindre mesure peut-être, pour la revue Monde &Minéraux[9]Voir la page consacrée à Monde & Minéraux., dont la parution a cessé à la fin des années 80, mais dont les références sont encore présentes dans un certain nombre d’articles (sur Mindat, par exemple).

Je me souviens qu’on pouvait, parfois, y découper des fiches paléontologiques.


le cahier des micromonteur ouvert
Le cahier des micromonteurs

Le cahier des micromonteurs

L’Association Française de Microminéralogie publie trimestriellement son Cahier des Micromonteurs[10]J’ai commencé l’inventaire des cahiers sur la page Le Cahier des micromonteurs., une autre source de qualité, incontournable selon moi, pour le minéralogiste amateur[11]En attendant un article sur l’AFM, voici un lien vers leur site internet : www.micromineral.org. L’abonnement est inclus dans la cotisation annuelle de l’association (ou précisément, il … Lire la suite.

Le cahier des micromonteurs

Tous les ans, un cahier spécial[12]L’inventaire des cahiers spéciaux est disponible sur la page dédiée les « cahiers spéciaux » des micromonteurs., fruit d’un véritable travail de recherche scientifique, vient étoffer un peu plus le fonds documentaire de l’amateur.


Gîtes minéraux : un ovni

Gîtes minéraux - Daniel Gol

Et pour finir, je ne pouvais pas ne pas évoquer « Gîtes minéraux[13]Voir l’inventaire sur cette page : Gîtes minéraux », que j’ai eu du mal à ranger dans ma bibliothèque. Gîtes minéraux, c’est une sorte d’ovni en littérature minéralogique francophone. Des fiches et des dossiers très orientés terrain, bourrés d’informations sur des sites très précis, avec les accès, les plans, ce qu’on pouvait y trouver (et qu’on peut encore tenter d’y trouver, pour ceux qui sont encore accessibles ou autorisés), etc. Ces fiches, accompagnées de conseils de prospection, d’extraction, de préparation, avaient le format idéal pour le prospecteur d’aujourd’hui (en quête d’échantillons ou d’une bonne balade sur un site minéralogiquement intéressant).

Leurs auteurs étaient Daniel Gol et Alain Martaud, des noms qui sonnent aux oreilles de l’amateur de minéraux.

Je dis étaient, mais je me ravise aussitôt pour non seulement préciser qu’ils sont bien vivants et hyperactifs dans le monde des amateurs de minéraux[14]Vous pouvez en savoir plus sur les activités de Daniel Gol en visitant danielgol.com, et Alain Martaud a entre autres commis Les minéraux de Sainte-Marie-aux-Mines en 2013, que j’avoue avec honte … Lire la suite, mais aussi que les fiches de gîtes minéraux sont aujourd’hui publiées dans la revue Le Règne Minéral (quand je vous disais que c’est la référence !). En effet, 86 fiches au total ont été publiées dans leur format périodique (dans des dossiers d’un vert pétant, par paquets de 10, et accompagnées de la Chronique de gîtes.) entre 2000 et 2003. Depuis 2003, une soixantaine ont été publiées, à fin 2020, dans le Règne Minéral (depuis le numéro 53 de septembre/octobre 2003 exactement, avec une fiche consacrée au Grand-Châtelard, en Savoie.). Moi je dis, longue vie aux fiches de gîtes minéraux !


Il existe dans d’autres pays, où la minéralogie réunit aussi de nombreux passionnés, des publications périodiques de qualité, mais que je connais moins. Ces publications, en langue française, mais aussi en anglais, en italien ou en espagnol, feront l’objet d’un article ultérieur.


Les livres

Des livres indispensables

Du bon… et du moins bon

Sur les minéraux, on trouve plein de bouquins, des trucs fantastiques et, parfois, du n’importe quoi. On parvient assez vite à identifier les livres qui apportent vraiment quelque chose et à les distinguer d’un livre de plus sur le sujet, que certains éditeurs (de grandes maisons d’édition parfois) ressortent pour Noël, et qui ne sont finalement qu’une énième édition de ce qu’ils ont en stock[15]Ne voyez pas de mépris de ma part lorsque je dis « un livre de plus ». C’est juste que les livres sur les minéraux sont légion, chaque maison d’édition a les siens, de plus ou moins … Lire la suite.

L’amateur averti sera quant à lui plus exigeant sur la qualité des livres qu’il pose dans sa bibliothèque. Pour devenir un amateur averti, il faut donc faire les bons choix et lire beaucoup. Pour ma part, je lis à peu près tout ce qui passe en la matière, à la bibliothèque, en librairie, et je ne me procure définitivement l’ouvrage que s’il en vaut la peine. Cela ne signifie surtout pas que tout ce que j’ai dans ma bibliothèque est une sélection rigoureuse de ce qui se fait de mieux. Et pour cause !

Une bibliothèque… une histoire

D’abord, ma bibliothèque, comme toutes les bibliothèques, a une histoire : les ouvrages qu’elle renferme, je les ai acquis au fil du temps. Certains livres m’ont été offerts, d’autres ont été chinés ici et là. J’en ai acheté certains que je n’achèterais plus aujourd’hui (mais qu’il est hors de question de jeter, évidemment). Certains sont obsolètes (la minéralogie évolue) et j’ai parfois plusieurs éditions du même titre[16]Les livres obsolètes ou trop anciens ont alors un autre intérêt, très important, celui de permettre, justement, de suivre, de tracer, et de comprendre l’évolution de la discipline.).

Un amateur… une histoire (aussi)

Ensuite, l’amateur lui-même a une histoire, il évolue lui aussi. Il se spécialise, sur une espèce minérale, sur une localité, sur une région ou un pays. Et ça se voit. Prenez mon cas, par exemple, j’habite à Nantes. Forcément, ma bibliothèque est très bretonne (ou armoricaine, si je ne veux pas faire de politique…). D’autres sont Limousines, ou Alpines, ou Pyrénéennes. L’amateur peut même être plus local encore, et être hyperspécialisé sur une localité (Cap Garonne[17]Lire la page consacrée à l’ouvrage Cap Garonne, Chessy, Sainte-Marie-aux-Mines…).

Imaginez une minute être hyperspécialisé sur une localité, une ancienne mine par exemple, qui n’aurait produit que deux espèces minérales : eh bien figurez-vous que même là, la bibliothèque déborde ! L’histoire de l’exploitation, voire sa préhistoire (l’archéologie minière est un domaine d’étude extraordinaire qui produit une littérature qui l’est tout autant [18]Lire la page Sur les mines…), ou encore son impact environnemental, hier et aujourd’hui, et, concernant les espèces minérales, des monographies écrites au XIXe siècle ou encore plus tôt, des vieilles cartes géographiques, géologiques, ou d’exploitation, des cartes postales. Il n’est pas rare non plus que des amateurs éclairés ou des associations entières s’attellent à combler une lacune littéraire ou à compléter la littérature existante en publiant des petits ouvrages [19]En écrivant petit, je ne minimise pas leur intérêt, c’est au contraire affectif. qui vont faire la somme des connaissances sur un domaine, en particulier, en l’actualisant avec des données nouvelles (et des photos). Ce sont ces ouvrages à publication plus ou moins confidentielle, souvent à compte d’auteur, que l’on trouve à la sortie des petits musées locaux pour quelques euros (voir plus bas Où les trouver ?). Eux aussi rejoignent volontiers ma bibliothèque.

En résumé, le profil de la bibliothèque de l’amateur évolue avec lui.


Les livres électroniques

Il y a aussi les livres électroniques, EPUB et autres PDF ! Ces livres répondent à la même logique de bibliothèque que les livres physiques, néanmoins avec un gain de place appréciable et quelques économies à la clé.

Lecture sur tablette

En général, je préfère avoir un vrai livre papier, mais parfois je n’ai pas la patience de commander le livre que je veux lire et, s’il est disponible en ligne, souvent moins cher en plus (il aura fallu attendre un certain temps pour que ce soit vrai), eh bien je l’achète (voler, c’est mal) et je le déguste immédiatement. D’autres fois, ce sont de gros bouquins : « le Pomerol », rien à voir avec le vin, pèse une tonne (ma dernière édition papier est la #13), ou alors des livres de référence comme « le Foucault » (Dictionnaire de géologie) que j’aime avoir sur ma tablette pour m’y référer quand je veux, où je veux.

L’inconvénient du livre électronique, c’est que je ne peux plus le laisser traîner sur le canapé pour que mes enfants (ils sont grands maintenant) ou les amis de passage puissent le feuilleter l’air de rien ; plus difficile à prêter aussi, avec tous les machins DRM et autres protections, sans parler (enfin là, si, j’en parle) de mes amis qui sont allergiques à la lecture sur écran (d’ordinateur ou de tablette, je ne parle même pas des smartphones). Du coup, parfois j’ai les deux (chérie, si tu lis ces lignes, je ne le fais pas souvent, hein ?).

Je parle plus bas des bibliothèques en ligne, qui sont une source quasiment inépuisable de livres électroniques, notamment les bibliothèques nationales avec leur fonds domaine public.


Où les trouver ?

Souvent, on retrouve justement ces périodiques que dans les bibliothèques des amateurs, ou dans celles des clubs[20]Il est fréquent que les clubs soient abonnés et aient constitué de véritables fonds documentaires au fil des ans, avec parfois des photocopies de photocopies (copier c’est mal, mais des fois … Lire la suite, ou dans les vide-greniers et autres marchés de l’occasion.

L’occasion

On trouve assez facilement les revues dont la parution a cessé sur le marché de l’occasion, facilement accessible par internet. Si certains numéros sont difficiles à trouver et, par conséquent, parfois un peu surcotés, il n’est pas rare de pouvoir faire l’acquisition de la plupart d’entre eux à vil prix (quelques euros). Il arrive aussi que des amateurs se séparent d’une partie de leur bibliothèque, en ligne ou simplement dans un vide-grenier. Idem pour les livres spécialisés, même devenus difficiles à trouver.

Personnellement, je n’hésite pas à me procurer les périodiques ou les ouvrages dont j’ai besoin pour approfondir un sujet qui m’intéresse, concernant une localité par exemple. Et je me dis qu’entre d’autres mains, ils ont rempli ce même rôle pour un autre amateur avant moi.

Les éditions du Piat se font aussi le relai des anciennes publications de la revue Minéraux & Fossiles[21]Vous comprendrez pourquoi en lisant la page consacrée à Minéraux & Fossiles, où j’évoque rapidement l’histoire de sa disparition. sur son site internet : anciens numéros, hors-séries, etc.

L’abonnement

Et pour les revues encore en activité, comme Le Règne Minéral, il n’y a pas trente-six manières de se les procurer : il faut s’abonner. L’abonnement n’est pas seulement un moyen de s’assurer de recevoir le dernier numéro de sa revue préférée, mais aussi (surtout ?) un moyen de faire en sorte qu’il y ait un prochain numéro. En effet, la disparition des revues telles que Minéraux & Fossiles ou Monde et Minéraux n’est pas juste le fait du désintérêt des lecteurs, mais aussi la conséquence de l’exercice de plus en plus difficile, et économiquement compliqué, de l’édition de revues à l’audience limitée. En bref, la passion ne suffit pas toujours à maintenir la qualité d’un périodique ; il faut aussi des ressources, humaines et financières, que seuls des abonnements en quantité suffisante peuvent garantir.

Les bibliothèques institutionnelles

Les muséums d’histoire naturelle ont aussi leurs bibliothèques scientifiques. A Nantes[22]Voir La bibliothèque scientifique du muséum d’histoire naturelle de Nantes., par exemple, elle n’est vraiment pas mal pour les bouquins, mais côté périodiques elle n’est finalement pas mieux dotée que nos bibliothèques d’amateurs. Dommage que leurs jours et horaires d’ouverture correspondent à ceux de mon boulot ; je suis obligé de prendre des jours de congé pour m’y rendre.

Par contre, pas question d’acquérir les ouvrages de telles bibliothèques (même si parfois, il faut être à l’affut, elles mettent de l’ordre dans leur fonds documentaire et là, c’est la fête[23]On m’a relaté de telles situations, que je n’ai malheureusement pas connues…).

Je ne serais pas complet si je ne parlais pas des bibliothèques « en ligne ». Car oui, il existe des bibliothèques qui rendent disponibles quantité d’ouvrages tombés dans le domaine public, en tête desquelles on trouve la Bibliothèque nationale de France. A travers son projet Gallica, ce sont des milliers de livres qui vous sont accessibles. La lecture de Le Lacroix enfin dans le domaine public ! vous permettra de mieux comprendre ce que je veux dire, en vous donnant quelques informations complémentaires.

Les bibliothèques personnelles

revues archives
9 ans, 3 boites d’archive — facile d’accès, à l’abri de la poussière et de la lumière

Avec le temps, j’en ai accumulé, des livres et des revues, un certain nombre, beaucoup, beaucoup trop (?). Il m’arrive parfois d’acquérir d’anciens numéros, au gré de mes recherches sur des thèmes ou des sites précis. Ils viennent grossir ma… collection (bigre ! En l’écrivant, je réalise que je collectionne aussi, d’une certaine façon, les documents autour de la minéralogie).

Les périodiques sont faciles à ranger (des boites d’archive font très bien l’affaire pour les y classer et les retrouver facilement), et les livres finissent par remplir les bibliothèques.

Tout ça pour dire que beaucoup d’amateurs, comme je l’ai expliqué plus haut, ont chez eux des étagères couvertes d’ouvrages et de périodiques qui n’ont de sens que s’ils circulent (en plus ça fait de la place, au moins temporairement).


Chez les libraires, éditeurs

Je ne serais évidemment pas complet concernant les « sources d’approvisionnement » en littérature si je ne parlais pas des libraires et des éditeurs. J’ai évoqué plus haut le marché de l’occasion, où l’on trouve ce qu’on ne trouve plus dans les rayons des libraires. Mais certains éditeurs s’accrochent et produisent encore des ouvrages remarquables.

Les éditeurs

Dans un domaine spécialisé, l’amateur préfèrera se procurer ses ouvrages directement chez l’éditeur, qui se transforme alors en libraire. Evidemment, on peut trouver les mêmes ouvrages chez d’autres libraires, mais pas toujours. Ci-dessous une sélection de ceux qui en plus de fabriquer de la qualité, la distribuent.

Biotope Editions

Il s’agit d’un éditeur bien connu de mes camarades paléontologues car il édite des ouvrages d’une qualité remarquable, comme la série des « Stratotype… » (en partenariat avec le Muséum[24]Quand j’écris Muséum tout seul, avec une majuscule, je parle évidemment du Muséum national d’histoire naturelle.). C’est chez eux que j’ai trouvé les petits ouvrages de la série « Géotourisme en… », et un autre livre, pas directement lié à la minéralogie « La macrophotographie — au-delà du rapport 1:1 », qui fera écho auprès de ceux d’entre nous qui se livrent, ou tentent de se livrer, à la photographie des minéraux, même très très petits.

En bref, un éditeur à surveiller, car sortent régulièrement de ses cartons de petites perles qui alimentent en lecture le naturaliste qui se cache dans chaque amateur de minéraux (bien que la géologie ne soit pas en reste).

Les Editions du Piat

En France, l’éditeur incontournable ce sont les Editions du Piat[25]J’ai bien conscience que je les mentionne souvent dans mes articles, mais je rappelle que je n’ai pas d’actions chez eux, et que si j’en parle c’est parce que c’est à ce jour le seul … Lire la suite, qui publient notamment le Règne Minéral et Fossiles, dont je parlais plus haut.

Si j’en reparle ici, c’est qu’en plus des périodiques, ils éditent un grand nombre de publications qui font très vite référence. Et en plus de rendre disponibles des revues et des ouvrages édités par leurs soins, ils distribuent un certain nombre d’ouvrages d’autres éditeurs[26]Par l’intermédiaire de leur site internet www.minerauxetfossiles.com..

Si vous vous posiez la question de savoir si tel ou tel ouvrage vaut la peine d’être ajouté à votre bibliothèque (ou offert à quelqu’un), sa présence chez ce libraire vous donne un indice évident de qualité et de pertinence.

Les Editions Dunod

Autre grand fournisseur de littérature scientifique, les éditions Dunod éditent un grand nombre d’ouvrages que je qualifie de références. « Le Pomerol »[27]Lire la fiche ouvrage ici : Eléments de géologie — 16e édition du « Pomerol ». et le « Foucault » [28]Lire la fiche ouvrage ici : Dictionnaire de Géologie — 8e édition. en sont deux exemples. Cet éditeur permet de commander directement sur son site, des livres papier comme des livres numériques.

Et d’autres…

Les trois éditeurs ci-dessus ne sont évidemment pas les seuls, mais ils sont, selon moi, assez représentatifs du paysage éditorial français dans le domaine qui m’intéresse.

Ajoutez-y Le BRGM, qui édite aussi nombre de ses publications depuis des décennies, et vous aurez un aperçu assez large de ceux qui produisent des ouvrages de qualité au fil des ans.


Les libraires

Les libraires vendent en général des livres neufs. Les auteurs, via leurs éditeurs, alimentent la littérature en matière de minéralogie. Mais il faut être honnête, on ne trouve généralement que des ouvrages généraux en librairie.

Mais n’oubliez pas que votre libraire peut commander un livre pour vous. C’est son métier. Donc s’il n’y a pas d’urgence, et que vous n’êtes pas en quête d’un prix avant tout, commandez vos livres dans votre librairie.

Le bon libraire, c’est votre libraire.


Les boutiques des musées

Si vous visitez des sites, des musées, des monuments, il y a souvent une boutique à la sortie. Selon le site évidemment, entre les porte-clés et les autocollants, on trouve parfois des publications spécifiques, locales, introuvables ailleurs, éditées par des associations ou des particuliers, et presque toujours absolument passionnantes ![29]Un exemple ici : Histoire de l’exploitation des ressources géologiques en Haute Romanche Il faut juste ouvrir l’œil…


Les libraires « numériques »

Beaucoup de libraires, à l’heure d’internet, permettent d’acheter des livres en ligne. Mais quand je parle de libraires numériques, ou virtuels, je veux parler de ceux qui distribuent des livres dans leur version électronique (EPUB, PDF, etc.[30]Les livres électroniques, comme je l’ai écrit plus haut, ont des avantages et des inconvénients que chacun mesurera à son niveau.).

Beaucoup d’éditeurs publient aujourd’hui leurs ouvrages dans ce format. Ces ouvrages sont ensuite distribués soit directement pas l’éditeur, soit par des librairies en ligne, qui ne distribuent que des livres numériques, soit encore par des libraires en ligne qui font les deux (livres papier en livraison et livres électroniques en téléchargement).

Je ne souhaite pas ici faire de liste de distributeurs. Ce que je recommande, comme pour le choix d’un vrai libraire (celui qui vous donne des conseils et vous rendant votre sourire), c’est de favoriser celui qui aura l’offre la plus large (il n’est pas utile de multiplier les comptes clients sur une multitude de plateformes) ainsi que celui qui a aussi pignon sur rue.

Une petite mention, tout de même, pour le projet feniXX qui numérise et commercialise (rien n’est gratuit) des ouvrages devenus introuvables. On peut y trouver, pour des sommes modiques, des ouvrages intéressants (en visitant Gites minéraux en Auvergne — Abbé J. Laureys, et en suivant les liens revendeurs, vous vous ferez une idée).


Les publications scientifiques

Dans cet article, je me limite volontairement aux publications dites de « vulgarisation », à la portée de l’amateur de minéraux. Les publications scientifiques feront l’objet d’un article séparé[31]La minéralogie est une science et, en tant que telle, possède ses propres organes et publications, à l’audience plus restreinte cependant, car elles sont souvent écrites par et adressées à … Lire la suite.


Pour conclure

J’ai tenté dans cet article d’exposer des pistes pour explorer et approfondir sans cesse votre passion, avec le fil conducteur qu’est le livre, ce que j’appelle pompeusement la littérature. Le livre sous toutes ses formes, relié, broché, déchiré, annoté et gribouillé, périodique[32]Finalement, une revue c’est quoi ? Sinon un livre périodique…, électronique, d’occasion, hérité de papi, offert par tata. D’où il vient n’a pas d’importance (tant que vous ne l’avez pas volé) ; ce qui compte c’est comment vous allez en extraire la science qu’il contient, comment vous allez vous l’approprier, et ce que vous allez en faire. Comme l’avait compris le gamin que j’étais[33]Kézako ?, lorsque vous ouvrez un ouvrage quel qu’il soit pour apprendre quelque chose, vous mettez le doigt dans un engrenage infernal vertueux en réalisant que plus jamais vous ne poserez un bouquin en disant « j’ai fini », car fermer un livre c’est toujours le début de dix lectures supplémentaires.

L’avantage d’un livre, c’est que vous aurez beau le presser pour en extraire la connaissance qu’il contient il en restera à la fin toujours autant à l’intérieur (il ne faut pas déchirer les pages, c’est mal). Du coup, on peut le transmettre, même s’il est annoté et griffonné, surtout (en vrai) s’il est annoté et griffonné. On peut le donner, le prêter, le léguer, le revendre (il n’y a pas de mal, surtout si c’est pour en acheter d’autres…). L’important c’est que la connaissance qu’il renferme circule, se passe de génération en génération, et jamais ne se perde…

Bon allez, j’arrête là.

Biblio2

Livres

Visitez la rubrique « livres » et trouvez quelle sera votre prochaine lecture

le regne mineral

Périodiques

Si vous cherchez une référence dans les revues de minéralogie, c’est là que ça se passe

Notes

Notes
1 Attention, je n’ai aucun problème à ranger sous le terme « littérature », en vrac, livres, documents, périodiques, thèses, etc. Il ne s’agit pas là de littérature dans le sens où nous l’entendons habituellement (Hugo, Balzac et autres classiques).
2 C’est un déclin qu’il faut mesurer à l’échelle des plusieurs décennies, voire du siècle. Et ce déclin n’est pas nécessairement celui de l’intérêt porté par les passionnés aux minéraux et à la minéralogie, mais plutôt, et c’est un avis qui n’engage que moi, un déclin de l’intérêt suscité par les institutions, de la petite à la grande école, en passant par le collège et le lycée, où l’enseignement de la géologie n’est plus ce qu’il était ; un déclin engendré par la diminution exponentielle des sites accessibles où l’on trouve des cailloux, avec la fermeture des mines (il n’y a plus de mines en France métropolitaine !)
3 Pour des années encore, je l’espère !
4 Voir la page consacrée à la revue Le Règne Minéral.
5 Et en créant, du même coup, une nouvelle revue, Fossiles, pour mes amis paléontologues amateurs.
6 Voir la page consacrée à l’inventaire de Minéraux & Fossiles.
7 Lire l’éditorial du numéro d’octobre 2009 pour plus de détails.
8 Voir la page dédiée aux Hors-séries Minéraux et Fossiles.
9 Voir la page consacrée à Monde & Minéraux.
10 J’ai commencé l’inventaire des cahiers sur la page Le Cahier des micromonteurs.
11 En attendant un article sur l’AFM, voici un lien vers leur site internet : www.micromineral.org. L’abonnement est inclus dans la cotisation annuelle de l’association (ou précisément, il faut adhérer pour recevoir le trimestriel, mais pour la somme de 35 euros, autant dire que c’est très abordable).
12 L’inventaire des cahiers spéciaux est disponible sur la page dédiée les « cahiers spéciaux » des micromonteurs.
13 Voir l’inventaire sur cette page : Gîtes minéraux
14 Vous pouvez en savoir plus sur les activités de Daniel Gol en visitant danielgol.com, et Alain Martaud a entre autres commis Les minéraux de Sainte-Marie-aux-Mines en 2013, que j’avoue avec honte n’avoir pas encore lu 🙁
15 Ne voyez pas de mépris de ma part lorsque je dis « un livre de plus ». C’est juste que les livres sur les minéraux sont légion, chaque maison d’édition a les siens, de plus ou moins bonne qualité (certains contiennent parfois des erreurs grossières). Maintenant, quand il s’agit de faire plaisir à un jeune débutant, par exemple, ils sont souvent suffisants.
16 Les livres obsolètes ou trop anciens ont alors un autre intérêt, très important, celui de permettre, justement, de suivre, de tracer, et de comprendre l’évolution de la discipline.
17 Lire la page consacrée à l’ouvrage Cap Garonne
18 Lire la page Sur les mines…
19 En écrivant petit, je ne minimise pas leur intérêt, c’est au contraire affectif.
20 Il est fréquent que les clubs soient abonnés et aient constitué de véritables fonds documentaires au fil des ans, avec parfois des photocopies de photocopies (copier c’est mal, mais des fois c’est le seul moyen de préserver un document, en particulier s’il est ancien).
21 Vous comprendrez pourquoi en lisant la page consacrée à Minéraux & Fossiles, où j’évoque rapidement l’histoire de sa disparition.
22 Voir La bibliothèque scientifique du muséum d’histoire naturelle de Nantes.
23 On m’a relaté de telles situations, que je n’ai malheureusement pas connues…
24 Quand j’écris Muséum tout seul, avec une majuscule, je parle évidemment du Muséum national d’histoire naturelle.
25 J’ai bien conscience que je les mentionne souvent dans mes articles, mais je rappelle que je n’ai pas d’actions chez eux, et que si j’en parle c’est parce que c’est à ce jour le seul éditeur qui garantit le renouvellement de la littérature minéralogique à l’usage des amateurs en France, par la publication de périodiques et de livres. Accessoirement, ils publient ma revue préférée…
26 Par l’intermédiaire de leur site internet www.minerauxetfossiles.com.
27 Lire la fiche ouvrage ici : Eléments de géologie — 16e édition du « Pomerol ».
28 Lire la fiche ouvrage ici : Dictionnaire de Géologie — 8e édition.
29 Un exemple ici : Histoire de l’exploitation des ressources géologiques en Haute Romanche
30 Les livres électroniques, comme je l’ai écrit plus haut, ont des avantages et des inconvénients que chacun mesurera à son niveau.
31 La minéralogie est une science et, en tant que telle, possède ses propres organes et publications, à l’audience plus restreinte cependant, car elles sont souvent écrites par et adressées à des scientifiques, spécialistes du domaine.
32 Finalement, une revue c’est quoi ? Sinon un livre périodique…
33 Kézako ?

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  1. Gizmo

    Merci pour cet article !

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