Ariège – Tome 1 – Bassin versant du Salat

Francis Tollon[1]Laboratoire de minéralogie et cristallographie, associé au C.N.R.S., Université Paul Sabatier, Toulouse introduit ce onzième volume de cette manière :

Ce onzième volume de la collection des inventaires minéralogiques de la France est consacré au bassin versant du Salat, c’est-à-dire à la moitié environ de la surface du département de l’Ariège. C’est l’abondance des indices et des mines anciennes ou en activité qui ont imposé de consacrer deux volumes des inventaires à l’Ariège.

En effet, il ne faudra pas moins de 2 tomes pour couvrir le département de l’Ariège (368 pages au total !)

Les nombreux auteurs et collaborateurs :

Claude Laforêt : Service géologique national, B.R.G.M., Orléans.
Pierre Monchoux : Laboratoire de minéralogie et cristallographie, associé au C.N.R.S., Université Paul Sabatier, Toulouse.
Elisabeth Oudin : Service géologique national, B.R.G.M., Orléans.
Francis Tollon : Laboratoire de minéralogie et cristallographie, associé au C.N.R.S., Université Paul Sabatier, Toulouse.

Avec la collaboration de :

François Pillard, Paul Picot, Georges Pouit, Anne-Marie Gallas : Service géologique national, B.R.G.M., Orléans.
Jean-Pierre Prouet, Jacques Bertraneu, Christian Bouquet, Yves-Pierre Calvet, André Gerbal, Paul Chambolle, Jean-Pierre Bois, Michel Chaput, Charles Guiraudie, André Michard : Direction des recherches et du développement minier, B.R.G.M. Toulouse.
Xavier Boubée de Gramont, François Fontan, Célestine Baudracco : Laboratoire de minéralogie et cristallographie, associé au C.N.R.S., Université Paul Sabatier, Toulouse.
Claude Dubois (alias Dubatik) : Saliens, 09140 Seix.
Jean-Michel Guilbaut : Direction des antiquités historiques de Midi-Pyrénées, Toulouse. Mines et fonderies du Monde Romain, RCP 496, Université de Mirail, Toulouse.
Michel-Roger Meyer : ancien élève à l’École nationale supérieure agronomique, Montpellier.
Gérard Ferre et Henri Tabarant : Saint-Girons, Ariège.

Parution :
Maison d’édition : Edtions du BRGM
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Extrait :

Introduction de Francis Tollon :

Ce onzième volume de la collection des inventaires minéralogiques de la France est consacré au bassin versant du Salat, c’est-à-dire à la moitié environ de la surface du département de l’Ariège. C’est l’abondance des indices et des mines anciennes ou en activité qui ont imposé de consacrer deux volumes des inventaires à l’Ariège.

Comme l’indique l’esquisse géologique, la majeure partie de cette région est constituée d’une part de terrains métamorphiques et paléozoïques avec de nombreux granites, d’autre part de terrains mésozoïques : les premiers renfermant la plupart des minéralisations ayant été ou étant encore d’importance économique. Les seconds recelant bauxites et barytine en activité sporadique.

Les richesses minières du Salat (Couseran) ont eu des succès variables au cours des siècles.

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On est actuellement certain que de nombreuses « petites mines » (argent, plomb, cuivre) étaient déjà épuisées dans le courant du 1er siècle av. J.-C. « époque à laquelle les “Romains” attirés par la réputation métallifère de la Gaule, se sont lancés dans de vastes opérations d’exploitations minières » (GUILBAUT, 1981) (région de La Bastide de Sérou, d’Aulus-les-Bains, d’Oust-Seix-Rogalle…).

Ces métaux connurent ensuite des faveurs variables au cours du Moyen Âge et l’on peut dire que beaucoup de travaux miniers au nom parfois évocateur (les Argentières, Castel Miniers…) ne reprennent vraiment pour recherches ou exploitations qu’au XIXe siècle où fleurissent de très nombreuses concessions dominées par le plomb et l’argent, ensuite par le zinc. Il faut citer la mine de Bentailiou (Sentein) ayant fourni en un siècle plus de 100 000 t de Pb + Zn (1 % Pb pour 3 % Zn) avec, vers le milieu du XXe siècle presque plus exclusivement que du zinc.

Le manganèse, à son tour, connut un vif succès dès la deuxième moitié du XlXe siècle, surtout dans le massif de l’Arize. Las Cabesses fut le plus grand gisement de manganèse des Pyrénées jusqu’à la fin de la première moitié du XXe siècle, avec près de 500 000 t de minerais extraits avec 40 à 45 % de manganèse.

Après cette petite flambée minière presque totalement éteinte peu après la Deuxième Guerre mondiale, le B.R.G.M. relance la prospection minière et met en évidence, en syndicat avec la S.M.M. Penarroya dans les années 1960, à Carboire, 3 500 000 t de minerai à 6 % Zn pour moins de 1 % de Pb (non encore exploité).

C’est aussi à cette époque que fut découvert par le B.R.G.M., le gîte de tungstène (scheelite) de Salau, maintenant exploité par la société minière d’Anglade. C’est actuellement un des plus grands gisements d’Europe avec plus de 12 000 t de WO3 (exploitées + réserves).

Étant donné la réputation de l’Ariège, il ne faut pas oublier deux métaux : le fer et l’or.

On connaît de nombreux dépôts de scories provenant de fonderies pour fer ; J.E. GUILBAUT (1981) a pu en dater quelques-uns de la fin du 1er siècle av. J.-C., attestant ainsi une activité minière pour fer qui a subsisté sporadiquement et ponctuellement jusqu’à la fin du XlXe siècle. Seul un petit gisement d’hématite (Rivérenert) a été exploité jusque dans le premier tiers du XXe siècle.

L’or, s’il semble avoir donné son nom à l’Ariège comme on le verra dans le deuxième tome, a été exploité aussi dans les alluvions de nombreux ruisseaux affluents du Salat et de l’Arize. L’orpaillage est resté très vif dans les mémoires comme une pratique existant bien avant notre ère, mais on en connaît mal l’ampleur si ce n’est qu’il était pratiquement éteint vers'1815. En 1860, une véritable ruée vers l’or amena une foule d’orpailleurs qui « virent de l’or partout » ; très vite, il ne subsista que quelques modestes recherches sur le Salat entre Saint-Girons et Lacave, et près de La Bastide-de-Sérou, Ordas, Le Mas-d’Azil et Sabarat.

Mais l’intérêt pour l’or alluvionnaire n’est pas éteint, et récemment encore (1970) quelques « chercheurs d’or » ont repris artisanalement avec plus ou moins de bonheur cette activité de « cueillette d’or »

Le bassin versant du Salat apparaît ainsi d’une grande richesse minéralogique. L’histoire nous montre à quel point l’activité minière s’est exercée au cours des siècles sur cette partie de l’Ariège. Devant cette abondance, un inventaire ne pouvait prétendre à être complet : certains indices, jugés de très faible intérêt, ont été négligés, d’autres, certainement, oubliés. Aussi, que ceux qui se passionnent pour la minéralogie régionale (certains ont déjà activement participé à ce volume) continuent de compléter l’inventaire de l’Ariège (qui prolonge celui de la Haute-Garonne) et améliorent ainsi la connaissance de la minéralogie des Monts Pyrénéens.

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Remarque : mon exemplaire de cet inventaire a perdu sa couverture il y a longtemps et je ne parviens pas à en retrouver une photo potable sur internet. C’est pourquoi c’est la couverture du tome 2 qui figure sur cette page.

Notes

Notes
1 Laboratoire de minéralogie et cristallographie, associé au C.N.R.S., Université Paul Sabatier, Toulouse

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