Année 2011

Dans ce numéro, un quatrième article éminemment intéressant consacré à la microscopie chimique, que l’amateur rapprochera des ouvrages de Christian Demaret.
Au sommaire :
- Parcours minéralogiques à travers la sierra de Madrid. Le barrage d’El Atazar (II) / Recorridos mineralógicos por la sierra de Madrid. El embalse de El Atazar (II)
Auteurs : Ramón JIMÉNEZ MARTÍNEZ, Rafael P. LOZANO FERNÁNDEZ, Ruth GONZÁLEZ LAGUNA et Pedro PRADO HERRERO
Page 1-12
Les berges du réservoir d’El Atazar constituent une magnifique zone d’observation des roches et des minéraux, car l’absence de végétation facilite les observations géologiques dans un beau cadre naturel. Dans ce travail, il est proposé un « itinéraire pétrologique et minéralogique » le long de la rive de ce réservoir, comportant deux arrêts d’observation. Le premier se concentre sur l’affleurement d’un filon de porphyre granitique, dans lequel l’orthose apparaît parfaitement cristallisée, constituant l’un des meilleurs gisements de ce feldspath que l’on puisse observer dans la Communauté de Madrid. Au second arrêt, il est possible d’apprécier les caractéristiques pétrologiques et minéralogiques de plusieurs filons hydrothermaux de quartz.
- La vanadinite de la mine de « La Solución », Fuente Obejuna, Cordoue, Espagne / La vanadinita de mina « La Solución », Fuente Obejuna (Córdoba, España)
Auteurs : Inmaculada RAMOS et César MENOR-SALVÁN
Page 13-22
La mine étudiée dans cet article se trouve au nord de la province de Cordoue, dans la commune de Fuente Obejuna. Elle est distante d’environ 9 km du hameau de Cuenca (Fuente Obejuna), d’abord par une piste sur les cinq premiers kilomètres, puis par un chemin en mauvais état sur le reste du trajet. Elle est située au lieu-dit « El Ducado », au sud-ouest de la Sierra de las Cuevas.
Du point de vue orographique, la zone se distingue par ses reliefs de matériaux quartzitiques, de direction hercynienne nord-ouest–sud-est, comme c’est le cas des sierras du Ducado et de las Cuevas, alternant avec des synclinaux et des plaines d’érosion typiques d’un relief appalachien. Les matériaux dévoniens et carbonifères, ainsi que les rañas plioquaternaires, y sont abondants. Le secteur est drainé par des ruisseaux affluents du río Zújar.
L’activité minière dans la zone remonte à l’époque romaine, la phase de plus grande activité de l’exploitation métallique s’étant achevée vers les années 1970.
- Mise à jour de la minéralogie des mines de Albuñuelas, Grenade / Actualización mineralógica de las minas de Albuñuelas (Granada)
Auteur : César MENOR-SALVÁN
Page 23-28
Dans ce travail sont présentés les résultats analytiques d’échantillons de minéraux recueillis dans les mines du « Cortijo de Los Lastonares » et d’« El Centenillo », appartenant à la commune d’Albuñuelas et bordant la partie occidentale de la vallée du Lecrín, à Grenade (pour une vaste synthèse de la géologie régionale et locale des mines, voir Gómez et Sola, 2000).
- La microscopie chimique classique : une technique didactique et pas chère pour l’identification des métaux dans les minéraux / La microscopía química clásica: una técnica didáctica y de bajo coste para la identificación de metales en minerales
Auteur : César MENOR-SALVÁN
Page 29-58
Actuellement, avec la généralisation des techniques spectroscopiques d’analyse, les méthodes microchimiques qualitatives classiques de détermination des éléments d’un échantillon minéral ont disparu de la pratique courante des laboratoires et du cursus des étudiants en chimie, passant du point de vue de l’exercice professionnel de la chimie ou de la géologie au rang d’éléments relevant de l’histoire. En outre, la formation aux techniques microscopiques, en particulier à la microscopie optique classique, est pratiquement absente du programme tant de l’enseignement secondaire que des cursus universitaires de chimie.
Cependant, les méthodes microchimiques classiques conservent encore un grand potentiel d’utilisation grâce à leur intérêt didactique, tant du point de vue de la chimie que de la manipulation d’un microscope, à l’indéniable beauté et élégance des déterminations sous microscope et, surtout, à la vaste communauté d’amateurs de minéralogie qui a besoin d’une solution analytique rapide, accessible et économique pour l’aider dans le développement de ses collections.
On peut définir la « microscopie chimique classique » comme « tout essai chimique dont le résultat est observé sous microscope et qui s’est développé depuis les premiers essais au microscope, en 1820, jusqu’à la généralisation des techniques spectroscopiques dans les années 1960-1980 » (définition de John G. Delly). Après la généralisation des techniques spectroscopiques et de la chimie analytique moderne, la microscopie chimique classique est entrée en déclin, ne subsistant plus qu’à titre anecdotique dans certains cours de minéralogie et dans la pratique de quelques géologues et amateurs, ainsi que dans la pratique pharmaceutique, où la détermination microchimique des principes actifs s’est maintenue vivante dans les pharmacopées.
Aujourd’hui, la microscopie chimique acquiert une nouvelle définition avec la conception de micro-spectromètres infrarouges et Raman couplés à des microscopes optiques, ainsi que d’autres techniques plus sophistiquées, comme le TOF-SIMS. D’où l’emploi ici de la définition de « microscopie chimique classique » pour les déterminations effectuées à l’aide de réactifs sous microscope optique.
La microscopie chimique classique présente plusieurs avantages qui en font une technique idéale pour une application par l’amateur : premièrement, un essai microchimique peut être réalisé en moins de dix minutes sans aucune préparation préalable de l’échantillon. Deuxièmement, l’usage de réactifs chimiques est minime, se limitant à des quantités de l’ordre du milligramme, voire inférieures, ce qui en fait une technique très économique et sûre. De plus, les réactifs et le matériel employés sont facilement accessibles et la méthode peut être appliquée à pratiquement tout échantillon solide (minéral ou métal). Troisièmement, la quantité d’échantillon nécessaire est minimale, depuis quelques grains ou un cristal submillimétrique jusqu’à de simples raclures visibles seulement au microscope. Et ce n’est pas une technique, comme on le pense souvent, difficile à apprendre. Au contraire, un débutant peut réussir ses déterminations microchimiques dès le premier essai.

