Année 2010

Au sommaire :

  • Minéralogie de la concession San Rafael, Villahermosa del Río, Castellón, Espagne / Mineralogía de la concesión San Rafael, Villahermosa del Río, Castellón, España
    Auteurs : Honorio CÓCERA, César MENOR-SALVÁN et Rafael MUÑOZ-ALVARADO
    Page 1-51

Les mines « Cueva de la Guerra Antigua » et « La Amorosa » s’inscrivent dans la concession San Rafael, située dans la commune de Villahermosa del Río, à Castellón. Ces mines présentent une paragenèse complexe Cu-Zn-Pb-Sb-As-S, dominée par la présence de carbonates, d’arséniates et d’antimoniates de cuivre issus de l’altération oxydative de la tennantite et de l’énargite, ainsi que de leur interaction avec le milieu environnant. Le présent travail vise à faire une révision des minéraux présents et à faire connaître les dernières découvertes réalisées dans cette localité, parmi lesquelles la yakhontovite, la theisite, la claraïte, l’attikaïte, la strashimirite et la rruffite, qui n’avaient jusqu’à présent pas encore été décrites en Espagne.

  • Minéralogie Pb-Zn à Madridejos, Tolède / Mineralogía de Plomo-Zinc en Madridejos (Toledo)
    Auteur : César MENOR-SALVÁN
    Page 53-67

La présence de cristaux très attrayants d’arséniates de plomb a attiré pendant plusieurs années l’attention des collectionneurs vers le petit gisement de plomb de Madridejos (Tolède). Cependant, ce gisement ne bénéficie d’aucune étude, ni sur le plan géologique et métallogénique, ni sur le plan minéralogique. Dans ce travail, la minéralogie plomb-zinc du gisement est détaillée ; elle est particulièrement riche en raison d’une intense phase d’altération supergène et de la présence de vanadates. On peut notamment souligner la présence de mimétite, de descloizite, ainsi que d’espèces non citées auparavant sur la péninsule : la phosphohedyphane et l’hedyphane.

  • Churchite-Y et Uranocircite de la mine « Diéresis », Sierra Albarrana, Cordoue / Churchita-Y y Uranocircita de mina « Diéresis » (Sierra Albarrana, Córdoba)
    Auteurs : César MENOR-SALVÁN et José GONZÁLEZ DEL TÁNAGO
    Page 69-72

Les gisements d’uranium de la Sierra Albarrana (Cordoue) sont connus à l’échelle internationale, tant pour leur importance économique et industrielle que pour leur intérêt minéralogique. Exploités pour l’uraninite, la brannérite et la monazite-(Ce) comme minéraux primaires, ils ont rapidement révélé la grande importance des cristaux de brannérite qui y sont présents, les plus grands au monde (jusqu’à 15 cm) et les mieux formés. Ces cristaux se sont formés aux dépens de la richesse en oxydes de titane (rutile et ilméno-rutile), car ils résultent de la réaction d’un fluide riche en uranium avec des oxydes de titane formés auparavant. La minéralisation uranifère est associée à des pegmatites potassiques, exploitées principalement dans les mines « Diéresis », « Beta », « Umbría » et « Peña del Águila ». Les minéraux secondaires d’uranium dans ces gisements ne sont pas abondants, et sont dominés par l’uranocircite et la schoepite, qui confèrent leur coloration jaune aux cristaux de brannérite de cette mine et accompagnent l’uraninite altérée hydrothermalement. L’autunite, contrairement à ce que l’on pensait, est rare.

  • Laurionite et autres chlorures de plomb de la Sierra de Cartagena, Murcie / Laurionita y otros cloruros de plomo de la Sierra de Cartagena (Murcia)
    Auteur : César MENOR-SALVÁN
    Page 73-76

L’exploitation minière de la Sierra de Cartagena a une longue histoire qui remonte à l’époque préromaine. Au cours de son histoire, des vestiges miniers, des haldes et des scories se sont accumulés et ont été soumis à l’altération dans le climat de la région, caractérisé par de faibles précipitations, parfois intenses, et par un environnement littoral dans lequel les sels apportés par l’eau et les aérosols marins peuvent favoriser l’altération.
Un environnement aussi complexe que celui des mines des environs de La Unión nécessiterait une étude approfondie de la paragenèse minérale, qui peut encore réserver des surprises, car il s’agit d’un milieu où les espèces apparaissant rarement ou sous de très petites dimensions sont passées inaperçues. Dans ce cas, l’influence de l’eau marine ou d’eaux chargées en sels sur d’anciennes scories rend plausible un certain parallèle avec les mines du Laurion (Grèce). C’est pourquoi l’auteur a entrepris la recherche d’éventuelles espèces d’altération néoformées dans des haldes ou des scories dispersées en divers points de La Unión et de Portmán, ce qui a conduit à la découverte décrite ici.

  • Hydroxycarbonates de cuivre et zinc du filon de « La Cruz » Linares, Jaén / Hidroxicarbonatos de cobre y zinc del filón « La Cruz » Linares (Jaén)
    Auteur : César MENOR-SALVÁN
    Page 77-82

La présence de chapeaux de fer d’oxydes et de minéralisations supergènes revêt une certaine importance dans le champ filonien de Linares, bien qu’elle n’ait jamais constitué un volume important d’un point de vue volumétrique (voir Colectivo Arrayanes et al., 2008 pour une vaste synthèse historique et géologique). Malgré leur importance relativement limitée, les processus d’altération supergène ont fourni d’importants spécimens d’anglésite et de cérusite, ainsi que de plus faibles quantités d’autres minéraux secondaires de plomb et/ou de cuivre, de cobalt et de nickel. Malgré la rareté actuelle des gossans ou des matériaux oxydés provenant des zones d’oxydation dans les haldes et les restes d’entassements, l’étude détaillée de la minéralogie du district de Linares peut encore réserver des découvertes intéressantes. Ainsi, en 2008, d’intéressants spécimens de carbonates de cuivre-zinc ont été recueillis dans les restes de minerai de la partie orientale du filon « La Cruz » ; leur étude a permis d’identifier la rosasite et, dans une moindre mesure, l’aurichalcite.

  • Parcours minéralogiques à travers la sierra de Madrid. Le barrage d’El Atazar (I) / Recorridos mineralógicos por la sierra de Madrid. El embalse de El Atazar (I)
    Auteurs : Ramón JIMÉNEZ MARTÍNEZ, Rafael P. LOZANO FERNÁNDEZ et Ruth GONZÁLEZ LAGUNA
    Page 83-94

La richesse minéralogique de la Communauté de Madrid se manifeste dans les nombreux gisements (mines et affleurements) qui parsèment son territoire. Cependant, dans la plupart des cas, ce patrimoine géologique est totalement méconnu, ou bien il a été décrit dans des publications très spécialisées qui ne parviennent pas aux personnes susceptibles d’y être intéressées. Dans ce travail, il est proposé un « itinéraire pétrologique et minéralogique » le long des rives du réservoir d’El Atazar, sur une distance de 2,5 km, comportant sept arrêts d’observation, au cours desquels le lecteur peut reconnaître les différentes roches et minéraux présents dans les affleurements.

  • Les minéraux du groupe de la chalcosine dans la mine de « Las Cruces », Gerena (Seville) / Los minerales del grupo de la Calcosina en la mina “Las Cruces”, Gerena (Sevilla)
    Auteurs : César MENOR-SALVÁN, Iván CARRASCO et Gonzalo GARCÍA
    Page 95-116

Le gisement de Las Cruces a été découvert en mai 1994 par Riomin Exploraciones, S.A., après le sondage d’une anomalie gravimétrique délimitée dans des permis situés sur des terrains tertiaires de la vallée du Guadalquivir. Comme cela s’est produit pour d’autres gisements de la Faja Pirítica Ibérica (par exemple Neves Corvo), le fait qu’ils se trouvent dans des zones où le CVS (Complexe volcano-sédimentaire) n’affleurait pas a permis de conserver ces excellentes mines cachées et intactes jusqu’à ce que la technologie permette leur découverte dans le dernier quart du XXe siècle. Caractérisée par plus de 400 forages, une masse de sulfures secondaires a été définie, constituée essentiellement de chalcocite massive (le « negrillo » des mineurs de la FPI), avec des réserves de 17,6 Mt et une teneur moyenne de 6,2 %, soit, en d’autres termes, 1 million de tonnes de cuivre contenu. Il s’agit du gisement de cuivre le plus riche du monde actuellement en exploitation.

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Maison d’édition : MTI EDIT
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Je n’ai pas pu résister à l’envie de traduire l’éditorial de ce premier numéro, tant il exprime extrêmement bien les motivations de cette revue en donnant des éléments de contexte qui ne sont pas sans rappeler la situation de ce côté-ci des Pyrénées[1]Et, d’une certaine manière, il reflète aussi ma propre approche de la minéralogie..

En ce mois de décembre 2010, nous bouclons le premier volume de la revue numérique « Acopios ». Il est temps de faire le bilan d’une petite aventure que nous avons initiée avec la présentation officielle de la revue, en mars de cette année. C’est aussi opportun, à un moment de débat sur les nouvelles formes de distribution et d’accès à la culture que la technologie nous a offertes. Ces nouvelles formes sont perçues avec méfiance par la tradition, par la tristement nommée « industrie culturelle » et par les détenteurs des étendards de la production artistique et culturelle.

Nous, en tant qu’amoureux de la Science en général et de la Minéralogie en particulier, avons la chance de faire partie d’une minorité qui peut considérer les avantages que la technologie met à notre portée comme un cadeau sous la forme d’un grand canal de distribution et de communication gratuit. Cela a été l’une des motivations pour créer Acopios : proposer une nouvelle voie accessible, sans barrières, en accord avec notre époque et ayant le maximum de pouvoir de diffusion possible. Notre objectif n’est pas la permanence ni l’accumulation d’exemplaires sur de vieilles étagères. C’est la transmission, pas l’immobilisme, et c’est malheureusement la tendance actuelle des médias dans la communication des résultats et de la vulgarisation scientifique. La technologie nous permet d’être à la fois auteurs, éditeurs, et nos propres distributeurs. De plus, si nous sommes capables de générer une publication électronique à la fois attrayante en termes de design et pratique pour l’impression sur papier, l’accès aux imprimantes domestiques capables de réaliser une impression de haute qualité permettra à quiconque de posséder la revue complète dans sa bibliothèque. En effet, à la clôture de ce premier volume, les statistiques de téléchargement se comptent par milliers et le nombre d’impressions sur papier par centaines. C’est un niveau de distribution, tant en volume qu’en temps, jamais imaginé pour une revue à thème si restreint et en langue espagnole.

L’autre motivation est apparue avec la disparition de notre chère revue Bocamina. Certaines personnes ont ressenti le besoin de combler en partie le vide laissé par Bocamina en créant une revue qui reprendrait le flambeau de celle-ci en minéralogie descriptive, dans la taxonomie minérale des gisements péninsulaires. La plupart des collectionneurs et amateurs se limitent à ramasser des minéraux et au mieux à les photographier. Certains sont de grands connaisseurs de l’histoire et de l’archéologie des gisements, mais nous avons constaté que les connaissances réelles en minéralogie et sujets connexes sont généralement très rares. Nous avons besoin de canaux où l’on puisse aller plus loin et où les personnes en ayant la capacité ou l’intérêt puissent générer une « opinion minéralogique », à la fois pour contribuer à la rigueur des collections privées et pour rendre respectable « activité de l’amateur de minéralogie, en démontrant qu’il a beaucoup à dire dans le domaine de la vulgarisation des Sciences de la Terre et du patrimoine naturel de la Péninsule Ibérique. Ainsi, Acopios ne naît pas comme une revue scientifique, mais comme un moyen de vulgarisation pour l’amateur et le public intéressé en général. Cependant, étant donné que la revue vise à présenter une production scientifique de première main sous forme de descriptions minéralogiques et de gisements, d’analyses de minéraux et de vulgarisation en minéralogie générale, nous pensons qu’elle peut constituer un pont entre les personnes qui pratiquent la Science au niveau professionnel, celles qui le font en tant qu’amateurs et le public.

Avec ces idées en tête, nous avons envisagé qu’Acopios couvre les thématiques de description minéralogique des gisements de la Péninsule Ibérique (entendue au sens géographique, sans frontières nationales ou politiques), la description de nouvelles espèces découvertes dans la Péninsule et la vulgarisation en Minéralogie et domaines connexes en général. L’objectif n’est pas que la revue soit un album d’images de beaux spécimens et de photographies impeccables, mais de privilégier le contenu et la rigueur à l’esthétique, de sorte qu’un jour nous puissions atteindre l’idéal de compléter le catalogue des espèces minéralogiques péninsulaires.

Acopios fait face à plusieurs menaces à partir de maintenant. La principale menace est que sa survie repose sur les épaules de seulement deux personnes. À un moment où la Science en Espagne traverse des moments difficiles, tant économiquement que par le mépris public et le manque de compréhension des politiques envers les activités scientifiques, les chances que l’« âme » de la revue puisse continuer à y consacrer du temps et des ressources diminuent dangereusement. Le faible feedback reçu de la part des lecteurs, malgré l’optimisme généré par le nombre de téléchargements, montre que les travaux présentés se situent à une dangereuse frontière : ils ne sont pas d’intérêt primaire pour les scientifiques professionnels, entrant dans la zone de la « vulgarisation scientifique », un domaine où il y a encore beaucoup à faire en langue espagnole. Au contraire, l’amateur moyen, généralement intéressé par l’esthétique minérale et la simple collection, trouve les articles « trop scientifiques ». Peu de personnes, des deux côtés, disposent de la sensibilité et du temps nécessaires pour se situer à cette interface et travailler à la génération de nouveaux contenus et travaux qui assureraient la survie et la maturation de cette initiative. À cette rareté s’ajoute le fait qu’Acopios se heurte à la méfiance envers un moyen de publication non traditionnel, à la méfiance traditionnelle que génère toute personne qui tente de travailler sur quelque chose, à laquelle on a tendance à critiquer plus qu’à aider, et au fait que publier dans Acopios n’offre ni avantage économique ni en termes de carrière (du moins pour le moment ou selon le point de vue). Mais le pire est qu’elle se mêle et se confond avec l’énorme bruit généré sur le réseau par l’infinité de blogs, forums et autres efforts personnels dispersés, ce qui confère aux publications en ligne une aura de manque de rigueur et de solidité.

Alors, qu’est-ce qui nous motive à continuer ? Simplement, l’amour des Sciences en général et de la Minéralogie en particulier. La fascination, non seulement pour la beauté esthétique des minéraux, mais aussi pour leur beauté interne, leur structure, leurs secrets, leur histoire naturelle. Cette fascination s’ajoute au fait que posséder un spécimen minéral rangé dans un tiroir, que ce soit dans un musée ou chez un particulier, n’a pas de valeur en soi, quel que soit le prix que quelqu’un tente d’en tirer, mais il faut lui donner une valeur ajoutée sous forme de culture, sa véritable valeur.

La vraie valeur d’un spécimen minéral est qu’il permette de générer du contenu et de communiquer à de nombreuses personnes. Et à cet égard, les spécimens les plus humbles, les micro-montures encore si dénigrées en Espagne, sont ceux qui ont le plus de valeur. C’est ce qui nous motive à ouvrir le deuxième volume de la revue Acopios, avec l’espoir de pouvoir ouvrir les tiroirs. Même si notre curriculum vitae n’en grossit pas.

César Menor Salván
Rédacteur en chef
31 décembre 2010

Notes

Notes
1 Et, d’une certaine manière, il reflète aussi ma propre approche de la minéralogie.

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