Année 2010

Au sommaire :

  • Minéralogie de la concession San Rafael, Villahermosa del Río, Castellón, Espagne / Mineralogía de la concesión San Rafael, Villahermosa del Río, Castellón, España
    Auteurs : Honorio CÓCERA, César MENOR-SALVÁN et Rafael MUÑOZ-ALVARADO
    Page 1-51
  • Minéralogie Pb-Zn à Madridejos, Tolède / Mineralogía de Plomo-Zinc en Madridejos (Toledo)
    Auteur : César MENOR-SALVÁN
    Page 53-67
  • Churchite-Y et Uranocircite de la mine « Diéresis », Sierra Albarrana, Cordoue / Churchita-Y y Uranocircita de mina « Diéresis » (Sierra Albarrana, Córdoba)
    Auteurs : César MENOR-SALVÁN et José GONZÁLEZ DEL TÁNAGO
    Page 69-72
  • Laurionite et autres chlorures de plomb de la Sierra de Cartagena, Murcie / Laurionita y otros cloruros de plomo de la Sierra de Cartagena (Murcia)
    Auteur : César MENOR-SALVÁN
    Page 73-76
  • Hydroxycarbonates de cuivre et zinc du filon de « La Cruz » Linares, Jaén / Hidroxicarbonatos de cobre y zinc del filón « La Cruz » Linares (Jaén)
    Auteur : César MENOR-SALVÁN
    Page 77-82
  • Parcours minéralogiques à travers la sierra de Madrid. Le barrage d’El Atazar (I) / Recorridos mineralógicos por la sierra de Madrid. El embalse de El Atazar (I)
    Auteurs : Ramón JIMÉNEZ MARTÍNEZ, Rafael P. LOZANO FERNÁNDEZ et Ruth GONZÁLEZ LAGUNA
    Page 83-94
  • Les minéraux du groupe de la chalcosine dans la mine de « Las Cruces », Gerena (Seville) / Los minerales del grupo de la Calcosina en la mina “Las Cruces”, Gerena (Sevilla)
    Auteurs : César MENOR-SALVÁN, Iván CARRASCO et Gonzalo GARCÍA
    Page 95-116
Parution :
Maison d’édition : MTI EDIT
Éditeurs :
Genres :
Étiquettes :

Je n’ai pas pu résister à l’envie de traduire l’éditorial de ce premier numéro, tant il exprime extrêmement bien les motivations de cette revue en donnant des éléments de contexte qui ne sont pas sans rappeler la situation de ce côté-ci des Pyrénées[1]Et, d’une certaine manière, il reflète aussi ma propre approche de la minéralogie..

En ce mois de décembre 2010, nous bouclons le premier volume de la revue numérique « Acopios ». Il est temps de faire le bilan d’une petite aventure que nous avons initiée avec la présentation officielle de la revue, en mars de cette année. C’est aussi opportun, à un moment de débat sur les nouvelles formes de distribution et d’accès à la culture que la technologie nous a offertes. Ces nouvelles formes sont perçues avec méfiance par la tradition, par la tristement nommée « industrie culturelle » et par les détenteurs des étendards de la production artistique et culturelle.

Nous, en tant qu’amoureux de la Science en général et de la Minéralogie en particulier, avons la chance de faire partie d’une minorité qui peut considérer les avantages que la technologie met à notre portée comme un cadeau sous la forme d’un grand canal de distribution et de communication gratuit. Cela a été l’une des motivations pour créer Acopios : proposer une nouvelle voie accessible, sans barrières, en accord avec notre époque et ayant le maximum de pouvoir de diffusion possible. Notre objectif n’est pas la permanence ni l’accumulation d’exemplaires sur de vieilles étagères. C’est la transmission, pas l’immobilisme, et c’est malheureusement la tendance actuelle des médias dans la communication des résultats et de la vulgarisation scientifique. La technologie nous permet d’être à la fois auteurs, éditeurs, et nos propres distributeurs. De plus, si nous sommes capables de générer une publication électronique à la fois attrayante en termes de design et pratique pour l’impression sur papier, l’accès aux imprimantes domestiques capables de réaliser une impression de haute qualité permettra à quiconque de posséder la revue complète dans sa bibliothèque. En effet, à la clôture de ce premier volume, les statistiques de téléchargement se comptent par milliers et le nombre d’impressions sur papier par centaines. C’est un niveau de distribution, tant en volume qu’en temps, jamais imaginé pour une revue à thème si restreint et en langue espagnole.

L’autre motivation est apparue avec la disparition de notre chère revue Bocamina. Certaines personnes ont ressenti le besoin de combler en partie le vide laissé par Bocamina en créant une revue qui reprendrait le flambeau de celle-ci en minéralogie descriptive, dans la taxonomie minérale des gisements péninsulaires. La plupart des collectionneurs et amateurs se limitent à ramasser des minéraux et au mieux à les photographier. Certains sont de grands connaisseurs de l’histoire et de l’archéologie des gisements, mais nous avons constaté que les connaissances réelles en minéralogie et sujets connexes sont généralement très rares. Nous avons besoin de canaux où l’on puisse aller plus loin et où les personnes en ayant la capacité ou l’intérêt puissent générer une « opinion minéralogique », à la fois pour contribuer à la rigueur des collections privées et pour rendre respectable « activité de l’amateur de minéralogie, en démontrant qu’il a beaucoup à dire dans le domaine de la vulgarisation des Sciences de la Terre et du patrimoine naturel de la Péninsule Ibérique. Ainsi, Acopios ne naît pas comme une revue scientifique, mais comme un moyen de vulgarisation pour l’amateur et le public intéressé en général. Cependant, étant donné que la revue vise à présenter une production scientifique de première main sous forme de descriptions minéralogiques et de gisements, d’analyses de minéraux et de vulgarisation en minéralogie générale, nous pensons qu’elle peut constituer un pont entre les personnes qui pratiquent la Science au niveau professionnel, celles qui le font en tant qu’amateurs et le public.

Avec ces idées en tête, nous avons envisagé qu’Acopios couvre les thématiques de description minéralogique des gisements de la Péninsule Ibérique (entendue au sens géographique, sans frontières nationales ou politiques), la description de nouvelles espèces découvertes dans la Péninsule et la vulgarisation en Minéralogie et domaines connexes en général. L’objectif n’est pas que la revue soit un album d’images de beaux spécimens et de photographies impeccables, mais de privilégier le contenu et la rigueur à l’esthétique, de sorte qu’un jour nous puissions atteindre l’idéal de compléter le catalogue des espèces minéralogiques péninsulaires.

Acopios fait face à plusieurs menaces à partir de maintenant. La principale menace est que sa survie repose sur les épaules de seulement deux personnes. À un moment où la Science en Espagne traverse des moments difficiles, tant économiquement que par le mépris public et le manque de compréhension des politiques envers les activités scientifiques, les chances que l’« âme » de la revue puisse continuer à y consacrer du temps et des ressources diminuent dangereusement. Le faible feedback reçu de la part des lecteurs, malgré l’optimisme généré par le nombre de téléchargements, montre que les travaux présentés se situent à une dangereuse frontière : ils ne sont pas d’intérêt primaire pour les scientifiques professionnels, entrant dans la zone de la « vulgarisation scientifique », un domaine où il y a encore beaucoup à faire en langue espagnole. Au contraire, l’amateur moyen, généralement intéressé par l’esthétique minérale et la simple collection, trouve les articles « trop scientifiques ». Peu de personnes, des deux côtés, disposent de la sensibilité et du temps nécessaires pour se situer à cette interface et travailler à la génération de nouveaux contenus et travaux qui assureraient la survie et la maturation de cette initiative. À cette rareté s’ajoute le fait qu’Acopios se heurte à la méfiance envers un moyen de publication non traditionnel, à la méfiance traditionnelle que génère toute personne qui tente de travailler sur quelque chose, à laquelle on a tendance à critiquer plus qu’à aider, et au fait que publier dans Acopios n’offre ni avantage économique ni en termes de carrière (du moins pour le moment ou selon le point de vue). Mais le pire est qu’elle se mêle et se confond avec l’énorme bruit généré sur le réseau par l’infinité de blogs, forums et autres efforts personnels dispersés, ce qui confère aux publications en ligne une aura de manque de rigueur et de solidité.

Alors, qu’est-ce qui nous motive à continuer ? Simplement, l’amour des Sciences en général et de la Minéralogie en particulier. La fascination, non seulement pour la beauté esthétique des minéraux, mais aussi pour leur beauté interne, leur structure, leurs secrets, leur histoire naturelle. Cette fascination s’ajoute au fait que posséder un spécimen minéral rangé dans un tiroir, que ce soit dans un musée ou chez un particulier, n’a pas de valeur en soi, quel que soit le prix que quelqu’un tente d’en tirer, mais il faut lui donner une valeur ajoutée sous forme de culture, sa véritable valeur.

La vraie valeur d’un spécimen minéral est qu’il permette de générer du contenu et de communiquer à de nombreuses personnes. Et à cet égard, les spécimens les plus humbles, les micro-montures encore si dénigrées en Espagne, sont ceux qui ont le plus de valeur. C’est ce qui nous motive à ouvrir le deuxième volume de la revue Acopios, avec l’espoir de pouvoir ouvrir les tiroirs. Même si notre curriculum vitae n’en grossit pas.

César Menor Salván
Rédacteur en chef
31 décembre 2010

Notes

Notes
1 Et, d’une certaine manière, il reflète aussi ma propre approche de la minéralogie.

Laisser un commentaire