Numéro spécial Île d'Elbe

Rivista Mineralogica Italiana — 2025 — Volume 49, numéro 1
Collection Rivista Mineralogica Italiana :
Éditions :Périodique grand format (Italien)
Pages : 76

Au sommaire :

  • Éditorial : la contribution des passionnés à la minéralogie italienneRedazionale: Il contributo degli appassionati alla Mineralogia italiana
    Auteur : Daniela Mauro
    page 4-5
  • Tourmaline de l’île d’Elbe (LI) : variété de formes, de couleurs et de structures internesTormalina dell'Isola d'Elba (LI): Varietà di forme, colori e strutture interne
    Auteur : Paul Rustemeyer
    page 10-39

L’étude de spécimens de tourmaline provenant de l’île d’Elbe a été réalisée à l’aide de lames minces préparées en coupant le cristal selon l’axe d’allongement ou perpendiculairement à celui-ci. Cette méthode a permis d’identifier une variété de types de motifs caractéristiques formés par des secteurs présentant des formes et des couleurs différentes. En effet, les tourmalines peuvent enregistrer les changements physico-chimiques du milieu de cristallisation par l’incorporation sélective d’éléments de transition, qui donnent naissance à différentes couleurs. Des lames minces de cristaux de tourmaline, d’une épaisseur allant jusqu’à 10 μm, ont été préparées afin d’examiner ces variations chromatiques. Dans cet article, les principales caractéristiques texturales observées dans les tourmalines des pegmatites de l’île d’Elbe sont décrites et illustrées. Ces observations apportent des informations importantes sur les textures internes des cristaux ainsi que sur les mécanismes de croissance des tourmalines, permettant de décrire plusieurs types de phénomènes différents (par exemple, croissance squelettique, dissolution, intercroissances graphiques).

  • Pyrite : gisements et cristallisations particuliers de Vigneria (Rio Marina, île d’Elbe, LI)Pirite: Particolari giaciture e cristallizzazioni da Vigneria (Rio Marina, Isola d’Elba, LI)
    Auteur : Fabio Senesi
    page 40-44

Des échantillons bien cristallisés de pyrite provenant de la mine de Rio Marina comptent parmi les spécimens minéralogiques italiens classiques. Cependant, on sait peu de choses sur les spécimens collectés dans la galerie de Vigneria, où la pyrite a été trouvée dans certaines occurrences inhabituelles. Aujourd’hui, cette localité n’est plus productive, et un complexe résidentiel ainsi qu’un parking ont été construits à son emplacement. Vigneria était le plus ancien site minier du gisement de Rio Marina, et il a été abandonné au début des années 1970. Une découverte intéressante a été réalisée à la fin des années 1980 par deux collectionneurs locaux de minéraux, Anna Antola et Mario Muti. Certains travaux ont mis au jour une lentille de magnétite avec des cristaux pyritoédriques dispersés de pyrite atteignant 3 cm.
Cette découverte concorde avec les descriptions historiques données par Federico Millosevich (1875-1942), fondées sur les spécimens de la collection Roster conservée au Musée de Florence.
La galerie de Vigneria était également connue pour la présence de cristaux de pyrite cubiques et octaédriques. En revanche, des habitus complexes n’y ont pas été observés. Au début des années 1980, des macles en croix de fer de pyrite, atteignant 5 cm, ont été recueillies dans des déblais argileux du tunnel à +11,75 m. De plus, près de la plage, certaines masses d’hématite et de minéraux argileux, visibles seulement dans certaines conditions liées au niveau de la marée, renfermaient des cristaux brillants de pyrite octaédrique, atteignant 6 cm, qui ont été collectés par les deux mêmes collectionneurs déjà cités.
Cet habitus était le même que celui décrit par Millosevich et couramment observé dans les années 1880. Enfin, d’autres spécimens de pyrite, avec des individus cubiques équants, ont été trouvés dans des argiles mises à jour lors de travaux de construction près du Palazzo dei Riccetti, à proximité du village de Rio Marina.

  • Périmorphoses de goethite sur gypse : les échantillons de Capo Calamita, île d’Elbe (LI)Perimorfosi di goethite su gesso: I campioni di Capo Calamita, Isola d’Elba (LI)
    Auteurs : Antonio Miglioli, Maurizio Prati, Ottavio Lamacchia
    page 46-55

L’activité minière de longue durée menée sur l’île d’Elbe a permis la découverte de spécimens minéralogiques de classe mondiale d’hématite, de pyrite et d’ilvaïte. Ces minéraux ont été largement décrits dans plusieurs publications scientifiques et amateurs. D’autres minéraux de l’île d’Elbe, malgré leur intérêt scientifique ou esthétique, n’ont pas eu ce privilège. Cet article a pour but de décrire l’un de ces minéraux, la goethite. Les spécimens les plus remarquables de cet oxyhydroxyde ferrique sont ceux constitués d’agrégats mamelonnés ou globulaires dans des cavités de « limonite ». Les localités ayant fourni les meilleurs spécimens de goethite de l’île d’Elbe sont les galeries de Rosseto, Piè d’Ammone et Pozzofondi dans la mine de Rio Marina, le site minier de Fornacelle à Rio Albano, ainsi que Capo d’Arco. Les découvertes les plus spectaculaires en termes de taille et de qualité sont celles du site de Piè d’Ammone. Là, de grandes cavités ont été trouvées, tapissées de goethite mamelonnée brillante et iridescente, renfermant parfois d’esthétiques agrégats de nombreuses stalactites fines, parallèles entre elles, creuses et à section constante, connue sous le nom de « goethite en tuyaux d’orgue ».
Cet article signale une nouvelle découverte de goethite effectuée en septembre 1973 dans la galerie Vallone Basso, mine de Capo Calamita, île d’Elbe (LI). Dans ces spécimens, la goethite s’est cristallisée sur des cristaux prismatiques préexistants de gypse développés sur de la limonite ; le gypse a ensuite été dissous, laissant un vide au sein des revêtements de goethite. La cavité où ces échantillons ont été trouvés était partiellement recouverte d’agrégats de goethite colonnaires divergents ou irréguliers. Certains spécimens montraient les classiques agrégats mamelonnés caractérisés par plusieurs couleurs, parfois iridescentes ou à éclat métallique. Les agrégats colonnaires fracturés montrent un trou central de forme pseudo-hexagonale régulière, dû à la section des prismes monocliniques qui caractérisaient les cristaux de gypse. Rarement, des reliques de gypse ont été observées. Les plus beaux spécimens, et les plus recherchés, étaient ceux présentant une belle iridescence. Les couleurs peuvent varier du gris acier au gris bleuté, au bleu clair et au brun, bien que les surfaces soient souvent recouvertes d’un matériau poudreux ocreux. Au cours des années 1970 et 1980, ces spécimens ont acquis une renommée méritée pour leur valeur esthétique et leur grande taille. Aujourd’hui, seul un nombre limité de spécimens est encore conservé dans des collections minéralogiques en raison de leur extrême fragilité.

  • Cobaltite, or natif et tellurures de bismuth : une association minéralogique exceptionnelle dans la mine du Ginevro (île d’Elbe, LI)Cobaltite, Oro nativo e Tellururi di bismuto: Una eccezionale associazione mineralogica nella miniera del Ginevro (Isola d’Elba, LI)
    Auteurs : Fabio Senesi, Martin Hanauer, Peter Rögner, Cristian Biagioni
    page 56-66

L’est de l’île d’Elbe est bien connu pour ses spécimens exceptionnels d’hématite, de pyrite et d’ilvaïte. Cependant, les recherches minéralogiques ont permis la découverte de plusieurs espèces minérales et, parmi elles, de trois minéraux nouveaux : la minguzzite et la bonattite, découvertes dans les années 1950 à la mine de Capo Calamita, et la riomarinaïte, signalée pour la première fois en 2005 à Rio Marina. Plusieurs autres espèces, intéressantes du point de vue systématique, ont été décrites dans ces localités. Durant les années 1990, trois des auteurs de cet article (F.S., M.H. et P.R.) ont commencé une étude de la présence de cobaltite dans les gisements de l’est de l’île d’Elbe, découvrant la présence de ce sulfoarséniure de cobalt dans plusieurs localités, à savoir les mines de Punta della Calamita et de Capo d’Arco. Une nouvelle découverte a été effectuée à la mine de Ginevro. Dans cette localité, l’échantillonnage minéralogique a permis la découverte d’un assemblage exceptionnel de phases Co-Bi-Te-Au, d’abord trouvé dans la fosse à ciel ouvert au niveau +14. D’autres spécimens ont été collectés dans les anciens terrils et dans les travaux souterrains (niveaux +6 et -24).
Dans l’assemblage étudié, la cobaltite est le minéral le plus commun. Elle se présente sous forme de cristaux pseudo-cubo-octaédriques, atteignant 5 mm, enchâssés dans le skarn. Les données chimiques montrent des teneurs variables en Ni et Fe (jusqu’à 0,26 et 0,17 atome par unité formule, respectivement) et des rapports S/As légèrement supérieurs à 1. La présence de cobaltite est généralement mise en évidence par l’efflorescence rose-lilas d’érythrite, formée le plus souvent par des agrégats globulaires de cristaux tabulaires micrométriques. La cobaltite est souvent associée à la bismuthinite, en agrégats gris plomb, atteignant 5 mm de longueur, ainsi qu’à un membre de la série safflorite-löllingite, rarement observé sous forme de cristaux lamellaires jusqu’à 3 mm. Une fois, de la cosalite a été identifiée dans cette association. La caractéristique la plus intéressante de cette minéralisation en cobaltite est la présence relativement répandue de minéraux du tellure. À ce jour, la présence d’au moins quatre espèces différentes a été observée : ingodite, joséite, pilsenite et ehrigite. L’ingodite se présente sous forme de paillettes argentées étroitement associées à la cobaltite et à la bismuthinite. Elle a été identifiée par diffraction des rayons X et par analyse chimique en microsonde WDS, indiquant la formule Bi1.92Te0.98S1.10.
Des minéraux apparentés à la joséite ont été signalés sur la base d’analyses chimiques EDS, suggérant la présence de joséite-B, et de la diffraction des rayons X sur poudre, concordant avec la présence de joséite-A. Ce dernier minéral forme une masse de 5 mm composée de cristaux micacés, de couleur noire. Deux autres espèces tellurées dont la présence est hypothétisée uniquement sur la base de données EDS sont la pilsenite et l’ehrigite. Dans les échantillons étudiés, on trouve également deux éléments natifs : le bismuth et l’or.
Le premier est relativement répandu sous forme de très petits grains, de moins de 0,05 mm, associés à la cobaltite, à l’or et à des tellurures de Bismuth. L’or a été identifié sous forme de grains micrométriques associés à la cobaltite. Les données chimiques montrent de faibles teneurs en Ag et en Fe. Enfin, un sulfure d’or et de bismuth, dont la chimie correspond à celle de la jonassonite, a été identifié dans un échantillon collecté dans les anciens terrils sous forme de minuscules grains.

  • Hommage à Armando del TagliaRicordo di Armando del Taglia
    Auteurs : Francesco Bonotti
    page 68-69
Parution :
Maison d’édition : Gruppo Mineralogico Lombardo
Éditeurs :
Genres :
Étiquettes :

Laisser un commentaire