Juillet / septembre 2024

Rivista Mineralogica Italiana — 2024 — Volume 48, numéro 3
Collection Rivista Mineralogica Italiana :
Éditions :Périodique grand format (Italien)
Pages : 68

Dans l’éditorial de ce numéro du troisième trimestre de 2024 de la Rivista, Daniela Mauro réagit à l’annonce de la fin de parution du Règne Minéral. Elle dresse un état des lieux pessimiste de la littérature de vulgarisation des sciences, et de la culture en général en occident. En prenant l’exemple du Règne Minéral, elle constate que le problème n’est pas la qualité de la publication, mais qu’il est plus profond. Elle n’y va pas avec le dos de la cuillère, mais finit quand même sur une note optimiste en mentionnant comment des articles publiés dans de telles revues peuvent concourir à la recherche et à la construction des connaissances scientifiques. A lire.

Au sommaire :

  • Éditorial : de l’importance des revues / Redazionale : l’importanza delle riviste
    Auteur : Daniela Mauro
    Page : 140-141
  • Quartz. Les échantillons de Castagnola (PC) / Quarzo. I Campioni di Castagnola (PC)
    Auteur : Antonio Miglioli
    Page : 142-155

Le secteur Émilien des Apennins septentrionaux a fourni aux collections minéralogiques publiques et privées quelques spécimens classiques de quartz, provenant de différents types d’occurrences, par exemple des cristaux squelettiques dans des cavités de grès de la région de Porretta, des cristaux hydrothermaux pseudo-bipyramidaux dans des « hydrothermalites » des provinces de Bologne et de Modène, ainsi que des cristaux noirs authigènes dans les évaporites triasiques de la province de Reggio Emilia. Une autre localité classique est Castagnola (province de Plaisance), où de beaux spécimens ont été collectés surtout dans les années 1970 et 1980. Toutefois, certaines découvertes restent encore possibles aujourd’hui. Des spécimens de quartz peuvent être recueillis dans des cavités présentes dans différentes lithologies appartenant à la Formation oligocène d’Aveto, une succession silicoclastique et volcanoclastique formée de pélites, de grès et de conglomérats. Le quartz de Castagnola est incolore à blanc. Très rarement, il est associé à de la calcite. Des agrégats radiés de cristaux prismatiques, atteignant 15 cm, sont les spécimens les plus recherchés. La morphologie cristalline est très simple, avec seulement des formes prismatiques et rhomboédriques.

  • Mondagiò (Giovo, TN). Nouveautés minéralogiques et histoire des exploitations minières / Mondagiò (Giovo, TN). Novità mineralogiche e storia delle coltivazioni minerarie
    Auteurs : Paolo Ferretti, Francesco Demartin, Italo Campostrini, Bruno Fassina, Ivano Rocchetti, Francesco Vecchi, Luca Zucchelli
    Page : 156-186

Mondagiò est situé entre les vallées de l’Adige et de la Cembra, à environ 1 km du hameau de Faedo (Trentin-Haut-Adige, Italie). Cette localité a été exploitée pour l’argent, principalement contenu dans des minéraux du groupe de la tétraédrite, depuis le Moyen Âge et jusqu’au XXe siècle. Ce petit gisement épithermal, situé à la marge sud-ouest de la soi-disant « caldeira de Bolzano » (Permien inférieur), se présente sous forme d’un stockwerk de petites veinules de galène + tétraédrite/tennantite ± chalcopyrite ± sphalérite ± pyrite, atteignant quelques cm d’épaisseur, encaissés dans des porphyres fortement altérés. Les minéraux de gangue sont rares et sont représentés principalement par la barytine. En outre, certaines anomalies en U ont été détectées.
Différents sites d’échantillonnage ont été identifiés. Le premier est représenté par les déblais de quelques galeries situées près de la source dite « Acqua di Faedo » (760 m d’altitude) ; ces déblais permettent de recueillir des échantillons représentant typiquement le gisement exploité à Mondagiò. À 800 m d’altitude, un site de scories a été découvert récemment. Trois autres galeries, à 813, 822 et 840 m d’altitude, ont été explorées et leur étude a permis de reconstituer la géométrie du corps minéralisé. Plus en amont se trouve le terril de Giarine. Il peut être considéré comme stérile, car il n’a jamais livré de spécimens minéraux significatifs. Dans les déblais de la localité de Canopi (885 m d’altitude), on peut trouver des minéraux secondaires relativement abondants (p. ex. brochantite, linarite et minéraux uranifères). Enfin, à 850 m d’altitude, une partie des matériaux provenant des déblais de Canopi a été utilisée pour la restauration environnementale. C’est probablement le site de collecte le plus intéressant à Mondagiò, car les minéraux secondaires d’uranium y sont relativement abondants.
Les études minéralogiques ont été réalisées au moyen de la spectroscopie micro-Raman, d’analyses chimiques EDS et d’études par diffraction des rayons X, sur des spécimens prélevés entre 2019 et 2021. Les minéraux secondaires sont les plus abondants. Parmi eux, deux minéraux du Nd, l’agardite-(Nd) et la gysinite-(Nd), sont remarquables. Le premier se présente sous forme d’agrégats globulaires verts, de moins de 1 mm, associés à l’hydrocérusite et à la kasolite. La seconde est très rare et a été identifiée comme des cristaux incolores, atteignant 0,05 mm, associés à l’hémimorphite et à l’allophane. D’autres espèces intéressantes sont certains membres du supergroupe de l’alunite, à savoir la beaverite-(Cu), la beudantite, la corkite et la plumbojarosite, ainsi que l’anglesite, l’azurite, la cérusite et la malachite, formant parfois de beaux micro-échantillons.
Les minéraux uraniumifères sont représentés par plusieurs espèces. La métatorbernite et la métazéunérite sont les plus communes. D’autres phases sont l’hydrocérusite uranifère, la kasolite, la parsonsite, la zippeite et la widenmannite. La découverte de ce dernier minéral constitue la première occurrence italienne de ce carbonate plomb-uranyle, qui forme des agrégats radiés blancs de cristaux aciculaires à éclat soyeux.

  • du bismuto et de l'or. La découverte de Punta del Fenaio, Isola del Giglio (GR) / Bismuto e oro. Il ritrovamento di Punta del Fenaio, Isola del Giglio (GR)
    Auteurs : Valter Marinai, Paolo Orlandi, Cristian Biagioni, Andrea Dini
    Page : 188-196

L’île du Giglio appartient à l’archipel toscan. Plus de 90 % de sa surface est constituée de monzogranite, tandis que les roches thermométamorphiques[1]L'adjectif thermométamorphique ne semble pas exister en français, mais la référence au thermométamorphisme, qui lui est acceptée, est suffisamment claire. n’y sont conservées que localement. Le principal affleurement se trouve à Punta del Fenaio, dans la partie nord de l’île. Cette localité est connue des collectionneurs de minéraux pour quelques beaux spécimens d’allanite-(Ce). En 2006, l’un des auteurs (V.M.) y a découvert une masse métallique à forte densité, identifiée comme étant formée principalement de bismuth natif, avec de l’or natif en quantité mineure. Cet assemblage minéral particulier était lié à une roche hydrothermale composée principalement de quartz + « adulaire », à proximité du contact avec les roches thermométamorphiques.
Le bismuth natif forme des masses centimétriques, généralement partiellement altérées en bismoclite et en bismutite. Ces phases ont été identifiées par diffraction des rayons X sur poudre et par analyse chimique EDS qualitative. Dans certains cas, des cristaux prismatiques de bismuthinite, atteignant 1 cm de longueur, ont été observés en inclusion dans le bismuth natif. Les spécimens se caractérisent par la présence généralisée de grains anédriques à euédriques d’or natif, généralement de moins de 1 mm. La composition de l’or est variable. En effet, certains grains sont constitués d’or pur, tandis que d’autres présentent des teneurs élevées en Ag, allant jusqu’à des membres intermédiaires entre l’or et l’argent. En plus de ces espèces, une phase Bi-Te-S encore indéterminée a été trouvée.
Les roches magmatiques de Toscane sont généralement enrichies en Au et en Bi, et la découverte de l’île du Giglio suggère que cet assemblage minéral est lié à la cristallisation d’alliages polymétalliques Bi-Au. D’autres études ont mis en évidence le potentiel des alliages riches en Bi pour capter l’Au à partir de fluides hydrothermaux coexistants, et cela pourrait être à l’origine de l’occurrence de Punta del Fenaio. Cette découverte permet d’expliquer l’exploitation de l’or à l’île du Giglio, mentionnée dans une lettre du XVIe siècle. Comme les gisements de l’île du Giglio n’ont pas été exploités avant le XIXe siècle, il est probable que l’or ait été trouvé dans des minerais à haute teneur, semblables à ceux découverts et étudiés à Punta del Fenaio.

Parution :
Maison d’édition : Gruppo Mineralogico Lombardo
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Notes

Notes
1 L'adjectif thermométamorphique ne semble pas exister en français, mais la référence au thermométamorphisme, qui lui est acceptée, est suffisamment claire.

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