Septembre / octobre 2023

Le Règne Minéral – 173
Collection Le Règne Minéral :
Éditions :Périodique grand format
Pages : 68

Un numéro consacré au Kaymar, en Aveyron, à lire en parallèle avec Le Kaymar (Aveyron), cahier spécial, le numéro 3 du Cahier des Micromonteurs) qui y consacre pas moins de 150 pages ! Pour les amateurs de cette localité aveyronnaise. J’en ai traduit l’abstract pour vous donner une idée précise du contenu de ce numéro exceptionnel, de la trempe d’un véritable hors-série monographique.

Au sommaire :

  • Filons au Kaymar, Aveyron ! Historique, géologie, minéralogie
    Auteur : Cédric Lheur
    Page 7-

Le district minier du Kaymar est situé sur la commune de Pruines, à une trentaine de kilomètres de Rodez, dans la partie nord de l’Aveyron, en France. Le champ minéralisé s’étend sur près de 5 km à la bordure sud du porphyre monzonitique d’Entraygue (massif de la Margeride) et au nord du Sillon de Rodez, constitué de grès et de conglomérats d’âge permien. Le champ minéralisé de Kaymar correspond aux schistes sériciteux de Conques. Il a été déplacé vers le sud-ouest par un important événement tectonique complexe à la fin du Varisque, puis par une faille normale au Mésozoïque, qui a broyé et déplacé la minéralisation initiale. Kaymar comprend quatre secteurs principaux : le Kaymar stricto sensu, le plus vaste, avec neuf gradins d’exploitation sur 113 m de dénivelé ; les travaux de Majorac, du Reclus, du Fontanié et du Rocaillou au nord ; le secteur de la Boule à l’ouest, avec des gradins atteignant 80 m ; et Grandval.

La minéralisation résulte de la circulation hydrothermale de fluides riches en silice, fluor et fer, associés à divers autres métaux (Cu, Zn, Pb). Elle est essentiellement composée de quartz, de fluorine et de goethite (principalement issue de l’oxydation de la sidérite primaire) et, plus rarement, d’hématite, associées à des oxydes de manganèse, à la chalcopyrite, à la sphalérite et à la galène. Le filon principal de Kaymar (« des Anglais »), au pendage de 70 à 80° vers le sud, ainsi que le filon secondaire, se situent à l’aplomb d’une brèche tectonique hypersilicifiée. Ces deux filons minéralisés sont séparés par une zone stérile large de 8 à 30 m. Les filons présentent des zones profondes oxydées (chapeau de fer, gossan) d’environ 250 m. La zone minéralisée de la Boule est très différente, car elle ressemble à un stockwerk s’étendant sur 150 m de longueur et 15 m de largeur. La minéralisation y consiste en quartz, fluorine et barytine, avec divers sulfures, notamment la sphalérite et la galène.

Le district minier de Kaymar a été exploité dans l’Antiquité, puis de façon intermittente par la suite. Le minerai de fer et, surtout, la galène argentifère ont été exploités très tôt. Des traces d’exploitation gallo-romaine ont été mises en évidence à La Boule. Kaymar a été fortement développé par le duc Decazes qui, en 1828, obtint une concession pour le minerai de fer. Le minerai du Kaymar, ainsi que celui d’autres mines de fer du département, était traité à la fonderie de Decazeville. La ville, implantée dans un bassin houiller, devint alors très importante. La concession de fer de Kaymar fut abandonnée en 1932 et l’activité minière se concentra sur la fluorine. Entre 1960 et 1970, plusieurs permis furent délivrés pour la prospection et l’exploitation. De 1986 à 1990, la société SOREXBAR exploita le site pour la fluorine — dernière activité minière à Kaymar. Les archives indiquent que Kaymar a produit au total 130 000 t de minerai de fer entre 1828 et 1932, ainsi que 80 000 t de fluorine de qualité métallurgique (spath fluor).

D’importants travaux de sécurisation du site ont été entrepris par l’administration française en 2003 (Kaymar) et en 2005 (La Boule). Il n’existe actuellement aucune licence active de prospection ou d’exploitation. Administrativement, le champ minéralisé de Kaymar constitue un gîte sans concessionnaire et reste ouvert à la prospection.

Cet article décrit plus de 80 espèces minérales, dont plusieurs occurrences nouvelles à Kaymar. Le site est un classique français pour certaines espèces, comme la goethite, espèce emblématique de Kaymar, la pyromorphite et la fluorine, ainsi que le quartz — pour la forme inhabituelle dite « quartz babel », observée à La Boule. Kaymar est aussi une localité de référence pour certains microminéraux, tant par la qualité des cristallisations que par la rareté de certaines espèces : anglésite, beudantite, connellite, coronadite, cryptomélane, delafossite, goethite, kintoreite, rhabdophane-(Ce), rooseveltite et scorodite.

    • Le Kaymar ; les conditions de formation et l’origine des fluides…
    • Le Kaymar : anecdotes relatives à mes travaux
    • À propos de la slavíkite du secteur de Conques-en-Rouergue
    • Le cas particulier des minéraux de manganèse au Kaymar
Parution :
Maison d’édition : Editions du Piat
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