Minéralogie du Massif armoricain

Clair comme du cristal
Éditions :Broché
ISBN : 9782917198476
Taille : 21,00 x 26,00 cm
Pages : 96

Je m’étais dit que je profiterais d’un passage au Mans (mon fils aîné y est étudiant) pour aller visiter le Musée Vert[1]Un peu partout, on dit muséum d’histoire naturelle ; au Mans, c’est le Musée Vert 🙂 . En effet, du 15 octobre 2020 au 31 juillet 2021 devait s’y tenir une exposition temporaire nommée Clair comme du cristal, minéralogie du Massif armoricain. Et ce petit livre de presque 100 pages n’est autre que le catalogue de l’exposition, que j’avais prévu d’acheter sur place lors de ma visite (le catalogue, pas l’exposition). Evidemment, rien ne se passant comme prévu, j’attends la réouverture du musée (et des autres) pour apprécier cette exposition, mais je me suis finalement procuré le livre lors d’une commande aux éditions du Piat, histoire d’avoir un truc à me mettre sous la dent et tromper mon impatience.

Même pas 20 pages consacrées aux minéraux exposés !

Eh bien, tant mieux ! ça laisse de la place à plus de contenu pour préparer la visite (c’est un peu le principe). Il ne faudrait pas spoiler trop quand même[2]Je suis sérieux, car un livre qui serait uniquement une galerie de photos plus ou moins réussies des spécimens exposés serait sans grand intérêt, n’est-ce pas ?. J’imagine maintenant l’exposition comme un savant mélange entre pièces minéralogiques du Massif armoricain et mise en scène muséale. Ils ont intérêt à être à la hauteur.

Pas moins de quatre préfaces pour lancer l’affaire. Une première du ministère de la Culture[3]Extrait de l’avant-propos du ministère : « La politique culturelle de proximité est une priorité du ministère de la Culture, en encourageant des projets ambitieux, au cœur de nos … Lire la suite, une seconde du maire du Mans[4]Stéphane Le Foll, ancien ministre de l’Agriculture (très proche de Culture, à un préfixe près)., qui se réjouit du label « exposition d’intérêt national » décerné par le ministère, entre autres autocongratulations[5]Pour le coup, je pense qu’elles sont justifiées.. Mais ce sont bien les préfaces de Didier Nectoux[6]Didier Nectoux est le conservateur du musée de Minéralogie MINES ParisTech, partenaire de l’exposition, notamment en prêtant des pièces exceptionnelles sorties de ses collections pour … Lire la suite et de Nicolas Morel, commissaire de l’exposition, qui donnent le ton, notamment en rappelant le défi majeur que représente la conservation des collections en histoire naturelle, en particulier en minéralogie.

L’ouvrage commence vraiment avec le chapitre Roches et minéraux du Massif armoricain : une introduction historique, par Michel Ballèvre[7]Michel Ballèvre (Université de Rennes 1 — Géosciences), nous promenait déjà en 2005 entre Nantes et Ancenis, pour découvrir la nappe de Champtoceaux, dans la troisième édition du Guide … Lire la suite.

A la suite de ce rappel du contexte géologique du Massif armoricain, avec des mots comme discordance, orogenèse, structure, collision, chaines icartienne et cadomienne, divergence, convergence et subsidence, tectonique…, c’est Mines et métallurgies anciennes du Massif armoricain, par Cécile le Carlier de Veslud[8]Cécile le Carlier de Veslud, CNRS/Université Rennes 1. qui en plante l’histoire minière. Grâce à l’archéométallurgie, l’auteure décrit l’évolution de la métallurgie entre la nuit des temps et l’époque moderne. Plutôt bien illustré, ce chapitre permet de mieux comprendre la métallurgie ancienne, et le champ de recherche qu’elle constitue : une entrée en matière intéressante pour un sujet passionnant[9]J’invite ceux d’entre vous que l’histoire minière intéresse à se référer aux ouvrages mentionnés sur la page Sur les mines..

Je n’ai pas été étonné de retrouver Eric Marcoux[10]Eric Marcoux, professeur de Géosciences à l’Université d’Orléans depuis 1998, qui a récemment commis, en 2017, Mines et ressources minérales en Armorique. aux commandes du chapitre Histoire et minéralogie remarquable des mines d’Armorique. Des mines de charbon aux mines d’uranium, en passant par celles d’étain, de zinc, d’antimoine, d’or et d’argent : tout y passe ! Evidemment, on lit le catalogue d’une exposition, alors il ne faut pas s’attendre à des centaines de pages pour creuser le sujet. La bibliographie en fin d’ouvrage renvoie cependant à un certain nombre de références pour approfondir sa lecture[11]Sur ce chapitre en particulier, consacré aux mines d’Armorique, je recommande la lecture mentionnée dans la note précédente..

Avant le chapitre final consacré aux minéraux exposés, un dernier chapitre intitulé La kaolinisation des granites armoricains, de Philippe Boulvais[12]Philippe Boulvais, Université de Rennes 1 — Géosciences., parlera aux amateurs des quartz de Ploemeur en invoquant la chimie de manière pédagogique pour expliquer le processus d’altération météorique.

Alors plus haut quand je criais Même pas 20 pages consacrées aux minéraux exposés ! il s’agissait bien d’une boutade. L’ouvrage entier leur est consacré, pas uniquement à travers de jolies photos, mais bien à travers un itinéraire qui explique comment et quand ces beaux cailloux se sont formés, puis arrivés à nous pour finalement être exposés à nos regards dans les vitrines du muséum d’histoire naturelle du Mans.

Pour une fois, je souhaite que cette description d’ouvrage ne vous donne pas nécessairement envie de le lire[13]En fait si, parce que… lire, c’est bien., mais plutôt d’aller visiter l’exposition (ce qui signifiera en outre que les musées auront rouvert). Bien sûr, dès que je l’aurai vue, un petit article complémentaire sera de rigueur.

Parution :
Maison d’édition : Editions du Piat
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Critiques :Editions du Piat au sujet deClair comme du cristal a écrit:

Le patrimoine minéralogique de l’ouest de la France est unique du fait de l’ancienneté de son étude et de la variété des minéraux découverts.
L’exposition Clair comme du cristal, minéralogie du Massif armoricain présente, pour la première fois dans sa globalité, les minéraux d’exception du Grand Ouest, notamment de Bretagne, des Pays de la Loire et de Normandie.
Ces minéraux d’exception proviennent des principales collections publiques et privées françaises, notamment de l’école des Mines ParisTech, du Muséum national d’Histoire naturelle, des muséums de Nantes et de Laval, de l’université de Rennes, de la Maison des minéraux de Crozon et d’une dizaine de collections privées.
Les résultats de quatre siècles de prospection sont ainsi présentés, depuis des minéraux historiques puisés avant la Révolution française jusqu’aux découvertes contemporaines réalisées par des passionnés.
L’exposition a reçu le label Exposition d’intérêt national de la part du ministère de la Culture.


Publié sur le site du Musée Vert[14]L’exposition étant temporaire, je recopie ci-dessous le contenu avant qu’il ne disparaisse :

Affiche de l’exposition « Clair comme du cristal »
Affiche de l’exposition « Clair comme du cristal »

L’exposition Clair comme du cristal, minéralogie du Massif armoricain nous invite à découvrir un rassemblement unique de minéraux remarquables. En quoi la minéralogie d’une région peut-elle susciter l’intérêt d’un non-spécialiste ? Ne s’agit-il pas d’une discipline réservée à quelques scientifiques ou collectionneurs ? Le titre de l’exposition propose une piste de réponse : « Clair comme du cristal ». Avec leurs formes parfaites, leurs couleurs et leurs textures variées, les minéraux sont beaux, les minéraux fascinent. Ils offrent une idée des merveilles de la nature avec une diversité aussi exubérante que le monde végétal ou animal.

L’Homme a toujours cherché à attribuer aux pierres des vertus, des propriétés, voire à leur conférer un pouvoir magique ou religieux. Le minéralogiste vous dira qu’il n’est nul besoin d’avoir recours à la croyance pour être fasciné par les minéraux. Il suffit de considérer leurs propriétés et leur importance dans le monde qui nous entoure. Connaître le sous-sol d’une région, c’est à la fois saisir ses paysages, sa végétation mais aussi découvrir ses ressources naturelles et leur exploitation. L’Homme s’est adapté à son milieu à commencer par l’utilisation des ressources locales pour construire sa maison puis bâtir une économie.

L’exposition Clair comme du cristal, minéralogie du Massif armoricain rassemble près de 300 minéraux d’exception collectés dans les Pays de la Loire, la Bretagne et la Normandie. Les résultats de 250 années de prospection sont ainsi dévoilés, depuis des minéraux historiques puisés avant la Révolution française jusqu’aux découvertes contemporaines réalisées par des passionnés. Ces minéraux constituent un patrimoine naturel, scientifique mais également culturel. La ville du Mans se situe en bordure du Massif armoricain mais une partie du département de la Sarthe est comprise dans cette entité géologique et paysagère.

Pour ce projet, le musée Vert s’est associé au musée de Minéralogie MINES ParisTech, première collection française et quatrième collection mondiale de minéraux. L’exposition sera accueillie au sein de l’école des Mines après sa présentation au Mans. L’exposition Clair comme du cristal, minéralogie du Massif armoricain est reconnue d’intérêt national par le ministère de la Culture. Elle bénéficie à ce titre d’un soutien exceptionnel de l’État. Elle est présentée au Musée Vert du 15 octobre 2020 au 31 juillet 2021.

Notes

Notes
1 Un peu partout, on dit muséum d’histoire naturelle ; au Mans, c’est le Musée Vert 🙂
2 Je suis sérieux, car un livre qui serait uniquement une galerie de photos plus ou moins réussies des spécimens exposés serait sans grand intérêt, n’est-ce pas ?
3 Extrait de l’avant-propos du ministère : « La politique culturelle de proximité est une priorité du ministère de la Culture, en encourageant des projets ambitieux, au cœur de nos territoires et au plus près de nos concitoyens. C’est ce que proposent les expositions labellisées d’intérêt national. »
4 Stéphane Le Foll, ancien ministre de l’Agriculture (très proche de Culture, à un préfixe près).
5 Pour le coup, je pense qu’elles sont justifiées.
6 Didier Nectoux est le conservateur du musée de Minéralogie MINES ParisTech, partenaire de l’exposition, notamment en prêtant des pièces exceptionnelles sorties de ses collections pour l’occasion. L’exposition sera d’ailleurs accueillie au sein de l’école des Mines après le Musée Vert du Mans ; il faudra alors aller à Paris pour la voir.
7 Michel Ballèvre (Université de Rennes 1 — Géosciences), nous promenait déjà en 2005 entre Nantes et Ancenis, pour découvrir la nappe de Champtoceaux, dans la troisième édition du Guide géologique de la Bretagne — Hubert Lardeux
8 Cécile le Carlier de Veslud, CNRS/Université Rennes 1.
9 J’invite ceux d’entre vous que l’histoire minière intéresse à se référer aux ouvrages mentionnés sur la page Sur les mines.
10 Eric Marcoux, professeur de Géosciences à l’Université d’Orléans depuis 1998, qui a récemment commis, en 2017, Mines et ressources minérales en Armorique.
11 Sur ce chapitre en particulier, consacré aux mines d’Armorique, je recommande la lecture mentionnée dans la note précédente.
12 Philippe Boulvais, Université de Rennes 1 — Géosciences.
13 En fait si, parce que… lire, c’est bien.
14 L’exposition étant temporaire, je recopie ci-dessous le contenu avant qu’il ne disparaisse

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